Une élection présidentielle, une participation à la Coupe du Monde, les premières livraisons de logement AADL… C’est sûr, l’année 2014 sera riche en rendez-vous capitaux pour notre pays. Algérie-Focus a dressé pour vous la liste des dix événements majeurs, locaux et internationaux, qui vous attendent en 2014. 

– La Coupe du Monde au Brésil : L’Algérie sortira-t-elle de son groupe ?

La quatrième participation de l’Algérie à une Coupe du Monde sera-t-elle la bonne ? Les Verts vont-ils en fait accéder aux huitièmes de finales ? Depuis le tirage au sort, le 6 décembre dernier, chacun en va de son pronostic. Entre les optimistes, qui sont convaincus que l’Algérie créera la surprise et sortira de son groupe, et les prudents, qui rappellent le potentiel de ses adversaires, la Russie, la Corée du Sud et surtout la Belgique. L’année 2014 sera aussi décisive pour l’avenir de Vahid Halilhodzic a la tête de la sélection nationale. A l’antenne de France 24, il s’est dit partant. Mais un bon résultat au Mondial 2014 pourrait retenir « coach Vahid » en Algérie.

– Premières livraisons de logement AADL d’ici fin 2014 

Encore un peu de patience. Relancé en septembre, après avoir été mis en berne pendant plus de 5 ans, le site d’inscription de la formule location-vente AADL a littéralement été pris d’assaut par les candidats. Un rush sans précédent : plus de 20 millions de visites, 500.000 inscrits dont environ 85.000 ayant rempli plus d’un formulaire dans l’espoir de figurer parmi les 230.000 premiers bénéficiaires de ce type de logement, financé à hauteur de 50% par l’Etat. Le gouvernement s’est engagé à livrer les premiers logements d’ici fin 2014. Les premiers acquéreurs, qui, pour certains, auront patienté plus de dix ans, recevront la clef de leur nouvel appartement au cours du premier semestre 2015.

– Le procès Khalifa aura-t-il lieu en 2014 ?

La nouvelle année lèvera-t-elle le voile sur l’un des plus gros scandales politico-financier que l’Algérie ait connu ? C’est du moins ce que les Algériens peuvent espérer depuis l’extradition de Londres, le 24 décembre dernier, de l’ancien richissime homme d’affaire Rafik Khalifa, où il était réfugié depuis 2003. Poursuivi pour détournement de fonds et banqueroute, Rafik Khalifa ne peut logiquement plus échapper à la justice de son pays, maintenant qu’il a épuisé les recours possible auprès de la justice britannique et européenne. En 2007, le tribunal de Blida l’avait condamné, par contumace, à la réclusion criminelle à perpétuité pour associations de malfaiteurs et faillite frauduleuse. La Cour suprême algérienne ayant cassé ce jugement en 2012. Cette année, Abdelmoumene Rafik Khalifa et cinquante autres accusés, dont des ministres toujours en poste, doivent bénéficier d’un nouveau procès pour banqueroute et détournement de fonds.

– 2014, la fin de l’ère Bouteflika ?

A quatre mois de l’élection présidentielle, Abdelaziz Bouteflika ne s’est toujours pas porté candidat. Et des rumeurs de plus en plus insistantes affirment que le chef de l’Etat, victime d’un second AVC en avril, dont les rares apparitions le montrent très affaibli physiquement, est sur le point de renoncer à briguer un quatrième mandat. Si Bouteflika fait le deuil d’une réélection, qui pour le remplacer ? Et surtout comment ce nouveau locataire du palais el Mouradia se positionnera-t-il ? En rupture ou dans la continuité ? Les regards se portent sur le Premier Ministre, Abdelmalek Sellal, qui multiplie les déplacements en région. Ira, ira pas ? Sellal, comme Ali Benflis, candidat malheureux en 2004, est sur le qui-vive, en attendant que le Président sortant se prononce enfin.   

– Les premiers véhicules Renault « made in Algérie » en mars 2014

Neufs mois après l’accord conclu entre le constructeur automobile français et l’Algérie, l’usine Renault s’est installée en septembre à Oran. Très attendues, les premières voitures « Renault Algérie » devraient sortir d’usine d’ici mars 2014, si les délais sont respectés. La production prévue sera de 75.000 voitures par an, avant d’atteindre progressivement 150.000 unités/an, dont une partie sera destinée à l’exportation. Le premier modèle sera une nouvelle Symbol. L’installation de Renault est aussi une aubaine pour l’emploi pour la région de l’Oranie, puisqu’il devrait créer à terme plus de 10.000 postes.

– Le retour de Chakib Khelil en Algérie ?

Après l’extradition de Khalifa, celle de Chakib Khelil, éclaboussé par l’affaire Sonatrach-Saipem ? Un mandat d’arrêt international a été lancé en août par la justice algérienne, après les révélations fracassantes d’un ancien responsable de la société italienne. Mais voilà, trois mois après, le mandat d’arrêt contre Chakib Khelil est annulé pour vices de procédures. Une manipulation des autorités pour éviter un procès fleuve, qui risque d’inquiéter plusieurs personnalités haut placées. Si la justice algérienne ferme pour le moment les yeux, un juge d’instruction américain est toujours aux trousses de la famille Chakib Khelil. Stephan Gibbons enquête notamment sur l‘origine frauduleuse des biens de la famille Khalifa aux Etats-Unis. 

L’Afrique du Sud après Mandela : de la nécessité de combattre les fantômes de l’apartheid en 2014

Qu’arrive-t-il à une nation lorsqu’elle se réveille orpheline de son père fondateur ? En 2014, l’Afrique du Sud va devoir vivre sans Nelson Mandela, décédé le 5 décembre dernier, à l’âge de 95 ans. Madiba a beau avoir quitté les arcanes du pouvoir il y a plus d’une décennie, son aura pesait encore beaucoup sur les affaires politiques du pays. Et sa disparition pourrait entraîner une crise au sein du parti majoritaire, l’ANC. Car, en 2014, la génération des born free, ces jeunes sud-africains nés après la fin de l’apartheid, voteront pour la première fois et pas sûr qu’ils accordent leur confiance à l’ANC. L’Afrique du Sud post-Mandela fait surtout face à des défis socioéconomiques. Si le régime racial est tombé en 1994, les inégalités sociales intercommunautaires se maintiennent en 2014. Ainsi, vingt ans après l’apartheid, 28% des noirs et 24% des métis sont au chômage, contre 6,6% de la population blanche. Et la colère gronde. En 2014, le gouvernement sud-africain devra apaiser les conflits sociaux et les mouvements de grève, qui ont éclaté durant le dernier trimestre de l’année 2013 dans le secteur automobile et minier.

– Le conflit en Syrie : une résolution diplomatique en 2014 ?

A mesure que le conflit syrien s’éternise, la violence déculpe. L’année 2013 a ainsi été la plus sanglante depuis le début du conflit en 2011, avec plus de 73.000 pertes humaines, selon l’Observatoire syrien des Droits de l’Homme. Les combats continuent de faire rage à trois semaines de la tenue d’une conférence de paix? censée trouver une issue au conflit. Annoncée, repoussée, oubliée, la conférence Genève II, organisée par le diplomate algérien, Lakhdar Brahimi, envoyé spéciale de l’ONU, se tiendra le 22 janvier prochain. Un rendez-vous crucial puisque à la table des négociations sont attendus les principaux acteurs locaux et internationaux de ce conflit, à savoir Bachar al-Assad, les représentants des milices rebelles, la Russie et les Etats-Unis notamment. Les discussions porteront sur la démission de Bachar al-Assad et la mise en place d’un gouvernement transitoire en Syrie.

– Printemps arabe : 2014, une année charnière pour la Tunisie et l’Egypte

En 2014, trois ans après avoir chassé Zine el Abidine Ben Ali du pouvoir, les Tunisiens vont-ils terminer leur révolution ? Après une année politique 2013 marquée par les premiers assassinats politiques, 2014 est un tournant décisif. Et ce d’autant plus que le Premier ministre Mehdi Jomaâ, fraîchement désigné, doit respecter une feuille de retour ambitieuse au cours des prochains : aboutir à la rédaction de la nouvelle Constitution, organiser des élections pour la faire adopter mais également un scrutin législatif et présidentiel. La tâche est d’autant plus ambitieuse que le parti majoritaire, Ennahda joue ambiguïté, semblant parfois accepter l’alternance et le reste du temps la refusant.

Les perspectives sont plus sombres pour l’Egypte en 2014. Le pays des pharaons est plongé dans un cycle de violence depuis le départ du Président Mohamed Morsi, après un coup d’Etat de l’armée, le 3 juillet dernier. Les tensions sont montées d’un cran en cette fin d’année, lorsque le pouvoir intérimaire a classé le mouvement des Frères musulmans parmi les organisations terroristes. Une série d’attentats a alors frappé le pays. C’est dans ce contexte chaotique, que la transition démocratique s’organisera en 2014. Dès le 14 et 15 janvier, les Egyptiens sont appelés aux urnes pour un référendum constitutionnel, révisant la constitution adoptée durant la présidence Morsi en 2012. Ils retourneront aux urnes au cours de l’été pour les élections présidentielle et législative.

– 2014, les débuts de l’exploitation du gaz de schiste en Algérie et ailleurs dans le monde

A ce jour, seuls les Etats-Unis et le Canada extraient du gaz de schiste. Mais, en 2014, la liste des pays exploitant cette ressource énergétique décriée par les défenseurs de l’environnement s’allonge. La Pologne a décidé de produire ses premiers mètres cubes de gaz naturel issus de formations de schistes dès janvier 2014. Elle sera suivie par l’Algérie, qui s’y met aussi. En février dernier, le pays a voté un amendement à la loi sur les hydrocarbures, autorisant l’exploitation de ses réserves de gaz de schiste. Et selon la Banque africaine de développement, l’Algérie est promis à un bel avenir dans ce secteur. Déjà premier producteur de gaz conventionnel du contient africain, l’Algérie compte des ressources de gaz de schistes 50% supérieur à ses réserves de gaz conventionnel, indique la Banque africaine de développement. Un certain nombre de sociétés, notamment ENI, Shell et Talisman, ont déjà signé des accords d’exploration.