C’est avec plus d’un an et demi de retard que l’Assemblée nationale constituante tunisienne a commencé à voter les premiers articles de sa nouvelle Loi fondamentale. On en sait donc un peu plus sur ce à quoi va ressembler la Tunisie post-Ben Ali. Si la Tunisie reste musulmane, elle n’appliquera plus la charia. 

Une première dans le monde arabo-musulman. La Tunisie, qui a adopté samedi 4 janvier les premiers articles de sa nouvelle constitution, rejette la charia et fait prévaloir la liberté de conscience dans les textes. En effet, les deux premiers articles définissent la Tunisie comme une République guidée par la « primauté du droit », un Etat « libre, indépendant, souverain » et « civil », dont la religion est l’Islam. Mais, si la religion musulmane reste religion du pays, deux amendements, proposant de faire de l’Islam, du Coran et de la sunna des « sources principales de la législation » ont été rejetés par les députés tunisiens. Chose impensable pour les autres nations arabes, les Tunisiens pourront se déclarer laïques, sans religion. Mieux encore, ils pourront dorénavant changer de religion sans être inquiétés.

Après des négociations houleuses avec le parti islamiste majoritaire Ennahda, l’opposition a remporté une deuxième victoire dimanche. Un amendement à l’article 6 a été adopté dans la soirée, interdisant « les accusation d’apostasie et l’incitation à la violence ». Autrement dit, un Tunisien ne doit plus nécessairement être ou prétendre être musulman.

L’adoption définitive de la Constitution devrait intervenir avant le 14 janvier, soit trois ans jours pour jour après le départ de Ben Ali.

 

 

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