Au Maghreb, la langue et identité Amazighe sont victimes ces derniers temps d’une violente campagne de dénigrement. Certains courants salafistes et  quelques leaders islamistes ont attaqué avec virulence les partisans de cette culture profondément enracinée en Algérie et au Maroc comme en Tunisie et en Libye. 

Après la récente interdiction de célèbrer le nouvel an berbère à Biskra en Algérie, c’est au Maroc où les Amazighs ont été victimes  d’une inqualifiable atteinte à leur dignité. En effet,  un député islamiste marocain, Abouzaid El Mokrie El Idrissi, membre éminent du parti islamiste pour la Justice et le Développement (PJD), a fait preuve d’un « anti-berbérisme primaire » et méprisant. Réputé pour ses positions acerbes envers tout ce qui symbolise la langue amazighe, il a cette fois-ci dépassé toutes les limites en appelant dans une récente vidéo, massivement diffusée sur YouTube, a l’élimination pure et simple de  langue berbère et à l’arabisation forcée des amazighs du Maroc et du Maghreb !

Cette position radicale , le député islamiste marocain la justifie par la nécessité de protéger et de promouvoir la langue arabe qui serait menacée à cause de l’amazighe et des langues étrangères.  Abouzaid El Mokrie El Idrissi a estimé aussi qu’il faut s’inspirer de l’Ordonnance d’août 1539, connue dans l’histoire sous le nom de l’ordonnance de Villers-Cotterêts,  prise par le Roi François I imposant l’usage du français partout, et par la force, en France au détriment des autres langues régionales.  Pour le député islamiste, il n’y a aucun doute que c’est la seule politique qui sera salutaire pour la langue arabe. Il va sans dire que cette intervention radicale et hostile de ce leader islamiste a suscité un véritable courroux au Maroc, et ailleurs dans tout le Maghreb.

Les défenseurs de l’amazighité ont crié leur colère et ont réclamé des poursuites judiciaires à l’encontre de ce politicien qui a appelé à l’extermination de la langue berbère. Pour ce député et linguiste de formation, il faut imposer par la force la langue arabe au détriment des autres langues et cultures. Il renie à ce propos le principe même de la diversité qui fonde toute démocratie. «Il n’y a aucune ouverture possible dans ce domaine », affirme-t-il sans ambages et sans aucune crainte. Rappelons enfin qu’Abouzaid El Mokrie El Idrissi a provoqué déjà au Maroc, à la fin de l’année dernière, une vive polémique en animant une conférence sur « l’identité islamique » en Arabie Saoudite où il s’en est pris violemment encore aux berbères. Il a même raconté des  blagues racistes à l’endroit des Amazighs dans son discours. En somme, El Idrissi mène un combat acharné contre la culture berbère depuis bien longtemps. Et il mène cette lutte haîneuse dans une totale impunité.

Avec Elyas Nour