Jugeant que la prière de l’absent est un acte « haram », des imams ont refusé vendredi d’accomplir cette prière, dédiée aux victimes du crash d’un avion militaire, intervenu mardi.

Après avoir refusé de se lever pour l’hymne national, certains imams, fonctionnaires du Ministère des affaires religieuses de surcroît, néanmoins salafistes, viennent de faire parler d’eux pour un autre acte d' »insoumission » à l’égard de l’institution à laquelle ils sont affiliés. En effet, le quotidien arabophone «Ennahar» a rapporté, dans son édition de samedi, que plusieurs imams de la wilaya d’El Oued n’ont pas accompli, vendredi, la prière de l’absent, décrété par le Chef de l’Etat, Abdelaziz Bouteflika, mercredi dernier, au lendemain du crash de l’avion militaire sur le Mont Fertas d’Oum El Bouagui, afin de rendre hommage aux victimes.

La prière de l’absent devait être observé, vendredi, dans toutes les mosquées d’Algérie. Mais certains imams de la wilaya d’El oued ainsi que leurs confrère à Alger ont refusé de répondre à l’appel du Président de la République, apprenons-nous de témoins oculaires. Pourquoi un tel boycott ? Ces imams jugent que cette prière est « incompatible » avec leur vision de la religion.

Ce n’est pas la première fois que des imams salafistes remettent en cause les orientations du ministère des Affaires religieuses. On s’en souvient, l’an passé, lors d’une rencontre organisée par le ministère, certains imams avaient refusé de se lever pour l’hymne national et ceci en présence du Ministre lui-même. Ce dernier avait demandé à ce que les auteurs d’un tel acte soient sanctionnés. Visiblement, les imams salafistes n’hésitent plus à afficher leur « différence » avec leur tutelle, remettant en cause même ses décisions.

Elyas Nour

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