Le Premier ministre tunisien Mehdi Jomaâ termine ce dimanche un séjour de deux jours en Algérie. Si les échanges entre le chef de gouvernement tunisien et son homologue algérien, Abdelmalek Sellal, ont surtout porté sur les questions sécuritaires et la lutte anti-terroriste, l’idée d’une coopération industrielle entre l’Algérie et la Tunisie a fait son chemin.

Pour sa première visite à l’étranger en tant que chef du gouvernement de la Tunisie, Mehdi Jomaâ a choisi l’Algérie. La destination n’est pas choisie au hasard. La Tunisie, dont l’économie a enregistré un net recul depuis le début de la Révolution, il y a trois ans, espère se relancer en renforçant sa coopération économique avec son voisin algérien. Mehdi Jomaâ est ainsi venu défendre l’idée d’un partenariat amélioré entre l’Algérie et la Tunisie dans le secteur industriel.

En visite à la Société nationale des véhicules industriels (SNVI) à Rouiba, dans la banlieue de Alger, au côtés du ministres du Développements industriel et de la promotion de l’investissement, Amara Benyounes, et de l’Energie et des mines, Youcef Yousfi, Jomaâ a plaidé pour un rapprochement entre les deux pays peut, dans un premier temps, au niveau de la filière automobile. L’expérience industrielle de l’Algérie dans ce domaine est « complémentaire à la base industrielle tunisienne », a-t-il soutenu. Au cours de sa visite, Mehdi Jomaâ a incité pour créer un tissu complémentaire entre les deux pays dans le domaine de l’automobile d’autant plus que l’Algérie a de grands projets de cette filière. Objectif : développer l’industrie automobile de la Tunisie, qui constitue 5% du PIB national.

Le secteur de l’automobile, clef de voûte du développement de l’Algérie

Avec la première usine de construction de voiture dans la wilaya de Bouira et les premières voitures Renault « made in Algeria » qui sortiront d’usine au cours de l’année 2014, le secteur automobile en Algérie connait effectivement un extraordinaire rebond ces dernières années, si bien qu’il a fait son retard sur le BTP, jusqu’à le distancer. A ce stade, l’automobile est devenue la nouvelle clef de voûte du développement.

De son côté, l’Algérie dit vouloir étudier attentivement la proposition. La commission algéro-tunisienne se réunira prochainement, a annoncé Amara Beynounes, indiquant que les gouvernements des deux pays se sont engagés à examiner les moyens d’appuyer le partenariat industriel entre l’Algérie et la Tunisie.

La visite de Mehdi Jomaâ intervient moins d’une semaine après le vote de la nouvelle Constitution de la Tunisie et la composition d’un gouvernement indépendants. La Tunisie veut définitivement aller de l’avant, en regardant du côté du voisin algérien. Si Mehdi Jomaâ et Abdelmalek Sellal ont évoqué un rapprochement économique entre les deux pays, la question sécuritaire et de la lutte anti-terroriste a dominé les échanges entre les deux hommes. « La sécurité de l’Algérie est celle de la Tunisie, et vice versa », a ainsi déclaré le Premier ministre tunisien.