Le secrétaire général du Front de libération nationale (FLN), Amar Saidani, ne se sent pas concerné par les propos du Chef de l’Etat Abdelaziz Bouteflika, qui avait affirmé mardi, dans un message adressé au vice-ministre de la Défense nationale, chef d’état-major de l’ANP, le général de corps d’armée Ahmed Gaïd Salah, et aux familles des victimes du crash d’un avion militaire survenu mardi après-midi dans la wilaya d’Oum El-Bouaghi, que «nul n’est en droit de s’en prendre à l’Armée nationale populaire (ANP) et aux autres institutions constitutionnelles du pays».

Dans une déclaration faite mercredi à la chaîne de télévision privée «Echourouk Tv», Saidani a fait savoir que ni lui ni le FLN ne sont ciblés par la mise au point d’Abdelaziz Bouteflika. «La mise au point de Bouteflika vise à écarter l’Armée algérienne de la polémique politique et à mettre un terme au débat sur les prérogatives de l’institution militaire», dira-t-il sur un ton confiant sans donner plus de précisions. Pour rappel, une forte polémique s’est déclenchée ces derniers semaines notamment depuis Saidani s’en est violement pris au patron du DRS, le Général Mohamed Mediene, alias Toufik, affirmant notamment que ce dernier a échoué dans ses missions de lutte contre le terrorisme et la corruption. Le patron du FLN a déploré également l’omniprésence du DRS dans la gestion des affaires publiques du pays.

Des accusations gravissimes qui ont fait réagir plusieurs personnalités à l’exemple du général à la retraite Hocine Benhadid lequel s’est exprimé mercredi dans les colonnes des quotidiens «El Watan» et «El Khabar». «Nous sommes, certes, habitués à des dépassements émanant de certains milieux à l’approche de chaque échéance mais, cette fois-ci, l’acharnement a pris une ampleur telle que notre pays n’a jamais connue depuis l’indépendance allant jusqu’à tenter de porter atteinte à l’unité de l’Armée nationale populaire ainsi qu’à la stabilité du pays et à son image dans le concert des nations», a réagi donc Abdelaziz Bouteflika à toutes ces polémiques qui ont pris une dimension dramatique avec des sorties médiatiques virulentes et d’une hostilité sans pareille. La déclaration de Bouteflika a été interprété par de nombreux observateurs comme une volonté d’«apaiser» ce terrible climat de tension. Mais aura-t-elle l’effet escompté ? Pas si sûr…