Le mouvement anti-4ème mandat prend de l’ampleur. Outre les Algérois, les habitants de Constantine, Béjaïa, Bouira, scandalisés par la candidature du Président Abelaziz Bouteflika, sortiront eux aussi dans le rue, samedi. Des rassemblements sont même prévus à l’étranger.

Une semaine après le premier rassemblement populaire et non-affilié à un parti politique contre la candidature d’Abdelaziz Bouteflika pour un quatrième mandat, rapidement dispersé par les forces de police au niveau de l’université de Bouzaréah à Alger, le mouvement hostile au Président sortant n’est plus seulement confiné à la capitale. L’appel des anti-Bouteflika algérois a été entendu dans le reste du pays. Alors qu’un sit-in est prévu samedi à 10 H au pied de l’université d’Alger, en plein centre-ville, au même moment on manifestera à Béjaïa, Bouira et Constantine contre le Président-candidat qui brigue un quatrième mandat.

 

Dans la ville aux ponts suspendus, les opposants au chef d’Etat, candidat à sa propre succession, se donnent rendez-vous samedi à 10 H au jardin Benacer. On doit cette initiative à un certain Squalo Molotv, qui se présente comme un « révolutionnaire » et fonctionnaire  de l’université Mentouri sur son profile Facebook. Dans son appel à la manifestation, il dénonce la dérive dictatoriale du régime algérien :

Nous sentions déjà depuis des mois qu’il allait oser ce régime et à travers lui un Président amoindri qui a par le passé violé le DOUSTOUR (ndlr la Constitution) pour un 3ème Mandat, qu’il allait oser se maintenir pour un 4ème alors qu’il a passé 15 ans au pouvoir.

Non c’est pas nous qui serions la source d’une instabilité, nous voulons une Algérie stable et pour cela elle ne doit pas céder à la dictature

Il ajoute :

NON au mandat de la Honte, non à une Algérie instable ! Soyons conscients et mobilisons nous d’abord chacun de son côté en petits groupes puis retrouvons nous tous ces groupes le jour J pour peser de notre NON au Viol de l’Algérie ! L’Algérie n’est ni une monarchie, ni une Dictature, nous voulons l’Algérie pour laquelle s’est sacrifié Ben M’Hidi ! Un État de Droit et un Président élu Jeune qui tient sur ses deux jambes.

Mais surtout, à Constantine, comme dans le reste du mouvement anti-Bouteflika, on veut faire front contre une « candidature par procuration » car on estime que l’état de santé du Président-candidat ne lui permet pas d’assurer un quatrième mandat :

Ces groupuscules s’amusent d’un Homme malade et amoindri qui ne peut plus s’adresser aux Algériens depuis plus d’un an, compatriotes l’Algérie est une grande Nation, elle ne peut être dirigée par procuration, elle a besoin d’un Homme élu et aimé par son peuple, un Homme valide physiquement et psychiquement, un Homme qui respecte et fait appliquer la Constitution sans la violer, compatriotes soyez conscients, le moment est Historique et notre maison, notre mère, notre Nation l’Algérie a besoin de nous, elle a besoin de la mobilisation de tous ses enfants !

Aucun doute que le mouvement anti-4ème mandat grossit. Il dépasse même le cadre des frontières nationales. Une partie de la diaspora algérienne n’est effectivement pas indifférente à ce qu’elle juge être un « affront » du chef de l’Etat algérien, de 76 ans, vieillissant et fatigué. Ainsi, à Paris, les Algériens se retrouveront samedi à 15 H face à l’ambassade d’Algérie (50 rue Lisbonne, Paris 8ème) pour crier leur colère contre une « humiliation de plus ». Le « système continue à signifier son mépris et son arrogance à son peuple », déplore le collectif des citoyens algériens vivant à Paris dans un communiqué.

Marseille, où une importante communauté algérienne vit, d’où son surnom affectueux de « 49ème wilaya d’Algérie », est aussi concerné par cette vague de protestations. Les Algériens de la cité phocéenne, qui ne souhaitent pas voir le candidat Abdelaziz Bouteflika allait au bout de sa candidature, et encore moins gagner, se rassembleront au haut de la Canebière, en plein centre-ville, samedi à 15 H.