DaoudLa semaine politique ? Elle a 52 ans. C’est la crise du régime algérien né de la rétraction De gaullienne et de la sous-traitance ALN. Alors qui a compris ? En gros, on croit que Bouteflika est contre Toufik. Sauf que Toufik ne s’appelle pas Médiene mais Essi Ali. Et que Bouteflika est deux : Abdelaziz et Saïd. Lequel ? Comme dans la réplique de Bernard Shaw : « aimer pour deux êtres c’est ne faire qu’un. Oui, mais lequel ? » Donc déjà, on n’a pas un coup d’Etat ou une purge mais des coups. Ensuite les armes de la guerre : Saâdani avec TSA, les ex – généraux contre Saïd qui est accoté à Gaïd et qui envoie Saâdani. Car on a oublié l’essentiel : Saïdani est un civil de service et ce genre d’homme, quand il parle avec morgue, suffisance et certitude, c’est seulement quand il est mandaté par un militaire. Le torse d’un servile algérien est toujours bombé quand il est celui d’un assimilé de l’ANP. Un civil n’est jamais l’envoyé spécial d’un civil.

A la fin, on a peut être peu parlé du troisième homme : pas Saïd, mais Gaïd. Si le jeu se passe ainsi, avec un civil ancien de Bab Ezzouar (la fac, pas le Centre occulte) et un homme malade, c’est que les deux, ont dans le dos un homme qui les veut, les soutiens, les admire, s’en sert ( ?) ou dont ils se servent : un Général qui tient l’armée dans la main et l’offre comme un attelage. Gaïd est le centre de la crise. Louisa l’a compris en demandant audience au véritable homme du trio et un ami du chroniqueur aussi. Il ne sert a rien de parler du frère et du malade, ni de Toufik, sans parler du pivot : Gaïd. L’homme du quart manquant depuis 99. L’homme qui a inversé la tendance : l’armée n’est plus la gardienne du temple, mais le temple, le prêtre, le rite. Le homme qui a fait que ce corps n’est plus le tuteur mais l’acteur du jeu. Gaïd, dit un ami, est le premier Général qui a transformée l’armée algérienne en civil de courtoisie. C’est complexe à saisir mais il faut y réfléchir dit l’ami. C’est le nœud du problème : cet homme a cassé le pacte ancien, le contrat de bienséance. Gaïd est celui qui offre l’armée à un civil au lieu que l’armée s’offre un civil pour sous-traiter le politique. Il est l’homme du putsch de la présidence contre les généraux mais sans que l’Etat y gagne le galon ou que la démocratie ne soit l’épouse favorite. L’artisan d’une mise au pas, mais pour un homme qui ne marche pas. Il est derrière les jeux d’aujourd’hui et ses énigmes médiatiques. Le bras armée du bras mort. La réunion de la fameuse mise à la retraite du l’Etat-major de Mediene ? Elle a eu lieu à la date de l’anniversaire de Gaid : un 13 janvier. Le prénom ? Gaid comme Said. En rime riche. La différence est dans les deux points. L’année 2013 ? Il y est promu vice-ministre du ministre qui est Président sous la forme d’un frère qui est vice président. Et ainsi de suite.

La mythologie politique algérienne suppose cet homme balourd, lent, fidèle comme un vétéran, naïf et rusé à la fois, homme à convictions obtues et mené en bateau dans une entreprise qu’il croit être la meilleure pour le pays et pourtant, celui qui veut comprendre, doit regarder dans sa direction, déchiffrer ce galonné et ses fonctions dans la vision des Bouteflika (s). Gaïd est la clé à molette. Beaucoup de femmes ont ce flair de deviner avec aisance le « qui commande vraiment ? » dans les grandes maisons. Louiza va voir Gaïd ces jours-ci pendant que tous parlent de Toufik et de Said et Saidani. Elle a compris. Et mon ami aussi.