La Voix d’Oranie, un quotidien régional basé à Oran, ne se remet toujours pas en cause et persiste à accuser le jeune caricaturiste Djamel Ghanem d’avoir dessiné une caricature qui « touche à la dignité du Président de la République, Abdelaziz Bouteflika ». Mardi, dans une mise au point publiée à la Une de ce quotidien, le directeur de publication de la Voix d’Oranie a accablé encore davantage Djamel Ghanem. 

Comme si les 18 mois de prison ferme requis par la justice pour un simple dessin non publié ne suffisait pas, le premier responsable de la Voix d’Oranie est allé jusqu’à pourfendre publiquement le jeune caricaturiste Djamel Ghanem accusé d’avoir « violer les régles de la déonthologie et l’éthique de la profession de journaliste ». Plus grave encore, le directeur de publication de la Voix d’Oranie estime que le dessin, non publié puisqu’il a été refusé par le responsable de la rédaction, de Djamel Ghanem touchait « à l’aspect intime de la maladie du Président de la République », a-t-il indiqué. « Par respect au citoyen qu’est le président », la Voix d’Oranie a refusé donc ce dessin et a décidé, par la suite, de poursuivre en justice Djamel Ghanem.

Sauf que, selon les dires du responsable de ce quotidien régional, le jeune caricaturiste n’aurait pas été poursuivi pour « outrage au président de la République », mais uniquement pour « abus de confiance » car il est reproché à Djamel Ghanem d’avoir déposé illégalement sa caricature dans le répertoire électronique du journal. « La Voix d’Oranie » affirme donc qu’elle n’a pas déposé plainte pour « Outrage au Président de la République » et accuse les autres médias et les réseaux sociaux qui se mobilisent pour la défense de Djamel Ghanem d’avoir orchestré une propagande médiatique sans aucun fondement.

Cependant, lorsque nous avons consulté une copie de la plainte déposée auprès du tribunal d’Oran par les soins des responsables de la Voix d’Oranie, nous avons bel et bien trouvé la mention plainte pour « Outrage au Président de la République » puni, et considéré comme un délit, par l’article 144 bis.  Maître Dilem Youcef, l’avocat du caricaturiste Djamel Ghanem, a confirmé nos vérifications et a dénoncé « le grand mensonge des responsables de la Voix d’Oranie ». Il a même adressé une mise au point à ce quotidien pour signaler les contre-vérités qui ont été racontées dans cet éditorial publié mardi à la Une.

Des contre-vérités qui nuisent aux intérets moraux de Djamel Ghanem et porte un grave préjudice à son honneur, s’indigne son avocat. Signalons enfin  que le 4 mars prochain, ce jeune caricaturiste connaîtra le verdict de la justice dans cette affaire controversée qui défraie la chronique. Une affaire qui a pris une dimension alarmante puisqu’on ne cesse de mutliplier les mensonges pour obscurcir la vérité.