Après les poursuites judiciaires, le caricaturiste Djamel Ghanem a été victime d’une agression caractérisée qui a failli mettre sa vie en danger. «4 individus s’en sont pris à moi et m’ont tabassé en public. Ils m’ont même frappé au niveau de mes testicules», nous confie le jeune caricaturiste victime d’un véritable acharnement à quelques jours du verdict de son procès.

«Je souffre d’une fracture au genou. Mais je tiens bon. Je refuse de déprimer et je poursuis ma résistance contre l’arbitraire et la hogra», a déclaré encore Djamel Ghanem à Algérie-Focus. Notre interlocuteur n’a pas manqué de nous confier qu’une fois au commissariat de police, il a été empêché de joindre par téléphone son avocat. «Vous n’êtes pas ici en Amérique pour appeler votre avocat !», lui a-t-on rétorqué sur un ton méprisant. Plus grave, la police a refusé d’enregistrer sa plainte alors qu’il a été victime d’une agression sauvage juste à côté de la cafétéria où travaille ce jeune caricaturiste pour subvenir aux besoins de sa famille.

Face à ce comportement qui porte atteinte aux droits civiques de Djamel Ghanem, son avocat maitre Youcef Dilem a indiqué à Algérie-Focus qu’il se déplacera dans les heures à venir à Oran pour déposer plainte au niveau du Procureur de la République du tribunal d’Oran. «J’ai de sérieuses craintes pour la sécurité de mon client après ce qui vient d’arriver. Je ne dormirai certainement pas la nuit», a fait savoir cet avocat qui s’interroge sur les circonstances mystérieuses de cette agression laquelle survient étrangement au moment où de nombreux médias nationaux et étrangers se sont solidarisés avec le combat judiciaire de Djamel Ghanem contre son ancien employeur, le quotidien régional La Voix d’Oranie, qui poursuit ce caricaturiste pour abus de confiance et outrage au Président de la République à cause d’une caricature, non publiée, mais jugée insultante à l’égard d’Abdelaziz Bouteflika. Des chefs d’inculpation pour lesquels Djamel Ghanem risque au moins 18 mois de prison ferme.