Les informations sur les rapports de force entre les différents cercles de décisions qui composent le régime algérien continuent d’inonder les médias algériens. Il ne se passe pas un jour sans l’annonce d’une nouvelle attaque ou révélation scandaleuse sur tel ou tel clan. 

Ainsi, jeudi, c’est le quotidien El Watan, réputé pour être proche des cercles militaires, qui nous apprend que les proches du général Toufik sont réellement en colère contre les récentes restructurations imposées au DRS, les services secrets algériens. Des restructurations qui s’expliquent selon les sources qui ont parlé à El Watan par les enquêtes sur la corruption menées par les officiers proches du général Toufik. Des enquêtes à propos des scandales de corruption qui ont éclaboussé les proches d’Abdelaziz Bouteflika. La mise à la retraite de plusieurs officiers à la tête de certaines divisions et services du DRS répond-t-elle donc à cette logique de revanche adoptée par le clan présidentielle ? « Oui », signent et persistent ces sources qui semblent être très proches du général Toufik puisqu’elles le défendent clairement et le présentent comme la victime des manoeuvres politiciennes du clan d’Abdelaziz Bouteflika.

Un clan qui se serait acharné pour dégommer les officiers et hauts gradés du DRS qui sont fidèles au général Toufik. Preuve en est, le sort du général Hassan, l’ex-responsable de la brigade de lutte contre le terrorisme au sein du DRS. Ce dernier a été bel et bien traduit devant un tribunal militaire parce qu’il n’a pas voulu respecter sa brutale mise à la retraite, confirment ces sources sécuritaires. En plus, il a été victime de plusieurs représailles. A titre d’exemple, « l’administration du centre de repos familial militaire de Sidi Fredj, où réside le général, avait coupé l’électricité et le gaz pour le pousser à déménager. Il a fallu l’intervention du général Toufik pour que l’officier soit maintenu dans sa résidence », nous apprennent encore ces sources.

Ces mêmes sources, apparemment bien renseignées, confirment également que le courant ne passe plus entre le Général Toufik et le Chef de l’Etat-Major de l’armée algérienne, Ahmed Gaïd Salah. Le 14 janvier dernier, lors d’une réunion tenue au siège du ministère de la Défense, le général Toufik « est rentré chez lui. Il n’a pas pris part au déjeuner offert par Gaïd Salah aux membres du Conseil. Ce qui a été considéré comme un affront », a-t-on encore révélé. La situation va donc de mal en pis au sommet du pouvoir Algérien. Et la probable candidature d’Abdelaziz Bouteflika pour un quatrième mandat ne fera certainement pas arranger les choses.