La décision de Abdellah Djaballah de se sécher la course à la présidentielle a fini par achever le peu d’espoirs que nourrissaient les Islamistes dans leur quête de briguer la présidence de la République.

Le président de Front pour la Justice et la Démocratie, Abdellah Djaballah, a décidé, en effet, de ne pas prendre part à la prochaine élection présidentielle. Le chef islamiste, le plus redouté de tous par le système, a en effet décidé d’officialiser son retrait de la course, préférant déserter le terrain. Le fondateur de Nahdha et d’el Islah estime, en effet, que « les conditions d’une élection régulière et transparente ne sont pas réunies ». Pis, il propose de laisser « Abdelaziz Bouteflika concourir seul » en vue de le décréditer vis-à-vis de l’opinion publique nationale et internationale.

Avant Djaballah, l’autre grand parti islamiste, le Mouvement de la société pour la Paix (MSP) a décidé, lui aussi, de ne pas participer au scrutin présidentiel. Le parti que préside Abderrezak Mekri avait, en effet, décidé de ne pas partir à l’élection présidentielle pour, justement, absence de transparence et manque de garanties.

Quelques jours après l’annonce de Mekri, l’ancien parti de Djaballah, Ennhahda, a annoncé qu’il boycottait lui aussi le scrutin présidentiel. Une décision somme toute logique pour un parti qui a constitué l’Alliance de l’Algérie Verte avec le MSP.

De cette mouvance, qui a suscité colère et crainte chez certains et de l’espoir chez d’autres, seul Amar Ghoul, un transfuge du MSP soutient Abdelaziz Bouteflika. Mais le ministre des Transports ne sera sans doute pas candidat, puisque son parti soutiendra l’actuel chef de l’Etat.

Ce retrait quasi consensuel des Islamistes répond-t-il à des choix tactiques ou s’agit-il, au contraire, d’un aveu d’échec ? Difficile de répondre à de telles questions, surtout que l’élection d’avril 2014 risque, une nouvelle fois, d’être biaisée.

Essaïd Wakli