Abdelaziz Bouteflika a parlé encore une fois. Dans son deuxième message,  adressé cette fois-ci aux Walis et aux membres du gouvernement,  en moins d’une semaine, le Chef de l’Etat a promis une élection présidentielle « neutre », « crédible » et « transparente ». 

Dans ce message, Abdelaziz Bouteflika a insisté sur « le respect de la loi et des principes de neutralité, de régularité, de transparence et de crédibilité ». « C’est en toute liberté que les électeurs et les électrices devraient exprimer leur choix tant il est vrai que la pratique démocratique donne au citoyen le droit de fixer librement son choix et, partant, de contribuer à la consolidation du multipartisme », a encore affirmé Abdelaziz Bouteflika qui n’a pas manqué de s’adresser uniquement à la presse algérienne, publique et privée.

Abdelaziz Bouteflika recommande ainsi à cette presse « de la rigueur professionnelle en vue d’assurer un traitement équitable en matière de « couverture » pour tous les candidats pour faire connaître leur programme ». Il a même formulé aussi « le voeu de voir la presse privée faire preuve d’esprit professionnel et de respect des règles d’éthique ».

Bouteflika a donc dit des choses. Mais il éludé l’essentiel : son avenir politique. En refusant de se prononcer sur sa candidature à l’élection présidentielle, Bouteflika maintient un suspens qui  créé un climat de suspicion et inhibe la scène politique. Au lieu d’assister à une confrontation de projets politiques et sociaux, les Algériens attendent désespérément une parole de leur président pour qu’il puisse enfin débattre des choses sérieuses. Si pour certains Bouteflika se pose en candidat naturel, pour d’autres il ne peut briguer un 4e mandat. Quoi qu’il en soit, Abdelaziz Bouteflika dispose d’un délai qui expire le 4 mars prochain pour faire connaître ses intentions. D’ici là, Abdelaziz Bouteflika tiendra le pays entier suspendu à sa parole.