Farouk Ksentini, le président de la Commission consultative de défense et de promotion des droits de l’homme (CNCDPDH), un organe officiel dont le président et les membres sont nommés par le Chef de l’Etat, a pris la défense de l’un des anciens responsables du FIS dissous, en l’occurrence Ali Benhadj, concernant son droit de se porter candidat à la présidentielle d’avril prochain.

Ksentini, qui est intervenu sur les colonnes du quotidien arabophone Echourouk, a estimé que celui-ci a recouvert ses droits civiques à la fin de l’année 2013. Aujourd’hui, rien ne peut l’empêcher donc de se porter candidat à l’élection présidentielle. D’où l’interrogation de Ksentini sur les raisons ayant conduits les responsables du Ministère de l’Intérieur, d’interdire l’accès à Ali Benhadj au sein de leur immeuble.

Pour rappel, hier matin, l’ancien responsable du FIS s’était présenté au siège de ce département ministériel pour retirer le formulaire de souscription des signatures. Arrivé sur place, il s’est vu signifié le refus d’accès. Pour Ksentini, ceux qui ont pris cette décision font une mauvaise lecture de l’article 26 de la charte pour la réconciliation nationale qui «interdit l’activité politique à toutes personnes ayant d’une manière ou d’une autre une responsabilité dans la tragédie nationale». Celui-ci ajoute que ce texte (la charte pour la réconciliation nationale), du moment qu’il n’a pas été adopté par le parlement – il l’a été suite à un référendum populaire – présente quelques ambiguïtés. Pour le reste, Ksentini estime que comme Ali Benhadj a été libéré en 2003, il a recouvert ses droits civiques 10 ans après, donc fin 2013. En dernier lieu, le président de la CNCDPDH conseille Ali Benhadj de saisir la justice.

Elyas Nour