Revue de presse. Algérie : 1,6 million de demandeurs de logement social

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Lu sur Les Débats

Le nombre de demandes de logements sociaux avoisine les 1.6 million à l’échelle nationale, a déclaré avant-hier le ministre de l’Habitat, Abdelmadjid Tebboune. Preuve du besoin impérieux des Algériens en logements. S’ exprimant en marge d’une réunion organisée au siège de la wilaya, avec les cadres de son département et ceux du ministère de la Culture, en prévision de la manifestation « Constantine, capitale 2015 de la culture arabe », le ministre a souligné « qu’une enquête, la première du genre, a été lancée à travers toutes les communes du pays, pour arrêter le chiffre exact des demandeurs de logements sociaux ».

Précisant que les statistiques ont été arrêtées après filtrage des dossiers déposés auprès de toutes les communes du pays. Tebboune a assuré que des « efforts considérables » sont consentis pour satisfaire toutes les demandes de logements, quelles que soient leurs formules. Affirmant que 900 000 unités du segment social sont « en cours de réalisation ».

Il ajoute le lancement, l’année prochaine, des chantiers de réalisation de 700 000 autres logements du même type. Des chiffres qui traduisent la situation précaire de l’Algérien, quant au rêve de posséder un logement lui permettant de mener une vie digne. Un dossier épineux pour le gouvernement, qui doit s’y prendre avec des pincettes, afin d’éviter la grogne sociale.

Car, à chaque affichage de listes des bénéficiaires, des manifestations éclatent. Généralement, pour dénoncer le népotisme lors de l’élaboration de ces fameuses listes. Il y a trois jours, des dizaines de citoyens, exclus de la liste d’attribution de logements, ont investi la rue à Batna. Le siège de la daïra de Barika était inaccessible, en raison de la fermeture des routes. Les contestataires criaient à l' »injustice » et à la « hogra », lors de l’opération de distribution de 394 logements sociaux. Certains bénéficiaires ne détiendraient pas les conditions requises pour ouvrir droit à ce genre de formule, tandis que d’autres, dans le besoin, y ont été exclus.

Cette démarche est la deuxième en ce genre, après l’échec des protestations de la semaine dernière, lorsque ces derniers ont demandé à être entendus par les responsables locaux qui, de leur part, disent avoir pris en charge les recours, dont l’étude prend du temps. Mercredi dernier, c’est la wilaya de Sétif qui était le théâtre d’altercations. Les habitants de la commune de Bir El Arch mettent en doute la fiabilité des critères d’attribution des 240 logements sociaux. Deux tentatives de suicide ont même été enregistrées. Un jeune et un père de famille se sont aspergés d’essence et ont tenté de s’immoler, dans l’enceinte même de la mairie, afin de se faire entendre. Outre certains cas d’évanouissement parmi les femmes.

La route nationale n° 5 a également été fermée durant un moment, en guise de révolte contre la partialité des responsables locaux quant à leur élaboration de la liste des bénéficiaires. D’ailleurs, un bon nombre de logements sociaux sont prêts, mais ne sont pas distribués, crainte de susciter la révolte des non bénéficiaires. Le wali d’Alger, Abdelkader Zoukh, a indiqué, il y a quelques jours, que 20 000 logements sociaux sont achevés, mais ne peuvent être distribués avant la réactualisation des listes, de sorte à favoriser les personnes étant le plus dans le besoin, avant d’étendre l’opération vers les citoyens  » vivant dans des conditions précaires « .