Lu sur L’Expression 

Dans cet entretien le secrétaire général du MPA est revenu longuement sur les raisons qui motivent son parti à porter un soutien sans conditions au Président Bouteflika.

L’Expression: Vous avez eu à condamner les accusations portées par le secrétaire général du FLN, Amar Saâdani, contre le patron des services du renseignement, le général Toufik. A votre avis, qui est derrière lui?
Amara Benyounès: Il faut tout de même remettre les choses en place. Il ne peut y avoir de conflit entre les institutions. C’est absolument impossible pour une raison très simple: c’est que nous avons un président de la République. C’est lui qui gère et qui décide de l’institution militaire et de l’institution présidentielle. Pour revenir aux propos tenus contre l’institution militaire, le Mouvement populaire algérien a eu à condamner. Pour nous c’est une parenthèse fermée. Le MPA a ses fondements, ses principes et le FLN a les siens. Par ailleurs, le MPA reste totalement mobilisé pour la campagne électorale en vue de la réélection de M.Abelaziz Bouteflika.
Rien et personne ne pourra nous détourner de cet objectif. Mais je le répète, il y a un microcosme politico-algérois qui veut imposer une certaine psychose au peuple algérien. Il faut rappeler des choses très simples. Nous sommes, qu’on le veuille ou non, le pays le plus stable de la région. Et cette stabilité nous la devons à la sagesse du peuple algérien et nous la devons aussi au président Abdelaziz Bouteflika qui a su préserver l’Algérie des dernières turbulences qu’ont connues les pays de la région. Nous sommes à la veille d’une élection présidentielle, le 17 avril. Nous espérons qu’elle va se dérouler dans le calme.
Il y a plus de 80 candidatures qui sont exprimées en attendant la décision du Conseil constitutionnel pour voir la liste définitive des candidats. A partir de ce moment-là, seul le peuple algérien décidera qui sera le président de la République après le 17 avril.

L’ANP a rappelé à l’ordre le membre des 22, Mohammed Mechati, elle a fait une mise au point sévère au chroniqueur du quotidien Al Khabar, Saâd Bouakba, pour avoir osé critiquer l’Armée, mais elle est restée muette sur de graves accusations du secrétaire général du FLN. Pourquoi à votre avis?
Il faut poser la question à l’Armée. Mais ce qui est important dans cette affaire pour le peuple algérien et ce qu’il convient de souligner pour les lecteurs du journal L’Expression c’est de savoir qu’il y a une seule personne à la commande de ce pays. Il s’agit du président de la République. C’est extrêmement important de le rappeler.

Depuis ces dernières semaines, on assiste à des polémiques stériles dans la mesure où elles détournent l’attention sur les vrais débats qui devaient avoir lieu à la veille de la présidentielle: Yacef Saâdi – Zohra Drif, Saâdani – le général Toufik, Hicham Aboud – le frère du président…
Ce sont des affaires qui sont complètement différentes les unes des autres même si elles sont arrivées toutes en même temps. Au sujet de la polémique qu’il y a entre Yacef Saâdi et Madame Zohra Drif, nous appelons à la sagesse des uns et des autres. En tant que fils de chahid, quand je vois d’anciens moudjahidine polémiquer sur des choses aussi graves, ça me fait mal au coeur. Que ce soit Mme Zohra Drif ou Louisette Ighil Ahriz, ce sont d’authentiques combattantes pour que l’Algérie soit indépendante. S’agissant des déclarations de M. Aboud, il s’est déjà manifesté quand le président était hospitalisé en France. C’est un bonhomme dont nous connaissons le parcours et les positions. J’ai eu à lui répondre dans les télévisons étrangères et les journaux algériens. Il a été extrêmement loin en accusant le frère du président de tous les maux, notamment lors de la maladie de son frère, il l’a même accusé de l’avoir pris en otage, de l’avoir enfermé dans une chambre pour décider tout seul. Ce sont des accusations gratuites et gravissimes. Je pense que la décision du frère du président de l’attaquer en justice est la meilleure réponse.

Au MPA, vous avez déclaré à plusieurs reprises que vous soutenez la candidature de Bouteflika pour un 4e mandat. Or, le président lui-même ne s’est pas encore prononcé. Pourquoi cet empressement?
Notre position a toujours été claire depuis très longtemps. Juste après les élections locales de novembre 2012, moi-même j’ai dit que si le président de la République se présenterait comme candidat, le soutien du MPA lui est acquis. Notre position est restée la même et nous avons nos propres arguments qui justifient cette position. Nous estimons que
M. Bouteflika a un bilan positif, c’est quelqu’un qui a un projet et qui a encore des choses à faire pour ce pays. Ceux qui sont contre n’ont qu’à se présenter et avancer argument contre argument pour convaincre le peuple algérien.

Dans vos déclarations, vous semblez très sûr que le président va se présenter. Qu’est-ce qui vous donne cette certitude?
Je l’ai dit et je le répète toujours: c’est de l’analyse politique. Au MPA, on a fait notre analyse. Actuellement, nous ne voyons pas ce qui empêcherait le président de se présenter. Nous ne voyons vraiment aucun obstacle. Et là, j’ai envie de clarifier quelque chose. Il faut que ce soit compris et entendu par tout le monde: personne, absolument personne ne pourra empêcher Bouteflika de se présenter à la prochaine élection.
Aucune personne, aucun parti, aucun journal et aucune institution ne pourra l’empêcher de se présenter. La décision de se présenter ou pas lui revient à lui seul. Et nous sommes convaincus que quand il prendra sa décision, il ne la prendra que dans le cadre du respect des institutions de la République, en son âme et conscience, en fonction des intérêts du pays. Je ne vois pas comment un ancien moudjahid qui a consacré sa jeunesse à combattre le colonialisme français depuis 1962 jusqu’à maintenant et a consacré sa vie à construire le pays, va, au crépuscule de sa vie, conduire ce même pays dans une impasse politique. La différence que nous avons avec un certain nombre d’observateurs, c’est que nous, nous avons confiance en le président de la République.
Nous savons que s’il prend la décision de se présenter à cette élection, il assumera totalement sa tâche de président de la République.

Mais nombreux sont ceux qui brandissent le handicap de sa santé…
Il ont été trop loin dans cette affaire. A un moment donné, ils ont même été jusqu’à demander l’application de l’article 88 de la Constitution. Bien avant, il y a eu un moudjahid qui est allé jusqu’à demander à l’Armée un coup d’Etat militaire contre le président Bouteflika.
Après qu’ils aient totalement désespéré du coup d’Etat militaire, ils ont tenté un coup d’Etat médical en convoquant ce fameux article 88 de la Constitution. Ils ont même dit qu’il était mort, et qu’il a été rapatrié de nuit et de manière clandestine.
Et maintenant qu’il est revenu, ils disent qu’il ne marche pas. Je leur dis que Bouteflika ne va pas gérer l’Algérie avec ses pieds, mais avec sa tête. Sur le plan intellectuel, je ne vois franchement pas ce qui l’empêcherait de briguer un autre mandat.

Mais les Algériens n’ont pas entendu leur président depuis plus d’une année!
Il parlera le moment opportun. Et puis, de toute façon, dans le dossier de candidature pour la présidentielle figure le dossier médical. Il sera obligé de passer devant la commission médicale qui va lui délivrer un certificat médical d’aptitude ou de non-aptitude. Il ne faut pas désespérer complètement de ce pays. Des professeurs de médecine auront toute la latitude de dire s’il est capable ou pas. Faisons confiance à ses professeurs.

Vous ferez partie des animateurs de la campagne du président Bouteflika s’il se présente. Mais d’ores et déjà, on décèle un manque de coordination entre votre parti, le MPA, avec le FLN, le TAJ, le Premier ministre. On a l’impression que ça tiraille dans tous les sens parmi les défenseurs du 4e mandat.
S’il y avait une unité, nous serions tous dans un même parti. Ce que vous signalez ce sont des différences d’analyse et d’approche par rapport à des situations particulières. Nous sommes des partis différents, mais c’est à ce niveau que réside le génie et la force du président Bouteflika qui a su rassembler des partis différents pour arriver à un consensus afin de soutenir son programme. Je rassure tous les partisans du président que lorsque M. Bouteflika va annoncer sa candidature, on se retrouvera tous à faire campagne électorale sans le moindre couac entre ces partis politiques.
Moi je me suis exprimé en tant que secrétaire général du MPA. M.Saâdani s’exprime en tant que secrétaire général du FLN. On n’a pas la même approche sur un certain nombre de dossiers. Mais demain si Bouteflika fait appel à nous pour sa campagne, nous allons dire exactement la même chose parce que ce sera des partis politiques et des personnalités au service d’un candidat qui défendront son bilan.

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