En dépit des efforts consentis ces dernières années, la prise en charge des malades atteints de cancer reste encore défaillante. Les appels incessants du mouvement associatif ne semblent pas avoir encore l’écho escompté auprès des autorités.

Près de 40 000 cas sont enregistrés chaque année, dont 20 000 chez les femmes et plus de 19 000 chez les hommes. Si les autorités ont pu, aujourd’hui, faire face à pas mal de problèmes, elles restent encore incapables de régler, notamment, la problématique de la radiothérapie qui fait toujours cruellement défaut. C’est le constat amer dressé, hier, par l’association El-Amel du CPMC, lors d’une conférence de presse organisée à El Moudjahid, à l’occasion de la Journée mondiale contre le cancer, célébrée le 4 février de chaque année.

Le nombre de patients nécessitant un traitement par radiothérapie est en constante augmentation et les rendez-vous sont de plus en plus éloignés. Selon les statistiques de l’association El Amel d’aide aux personnes atteintes de cancer, la radiothérapie est censée être faite dans des centres publics, mais qui sont aujourd’hui presque inexistants puisque seuls 5 prennent plus au moins 8 000 patients en charge alors que la demande est de 28 000. La présidente de l’association, Mme Hamida Kattab, a soulevé cette cruelle difficulté.

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« Il existe une faille très importante dans la prise en charge des cancéreux en matière de radiothérapie «, note-t-elle. Selon elle, cette faille est le problème le plus important. Considérée comme une phase de traitement complémentaire, la radiothérapie devient vitale dans certaines pathologies cancéreuses concernant l’ORL et le col de l’utérus. Pour elle, rien ne sert de suivre un cancéreux avec des séances de chimiothérapie, souvent précédées d’une ablation, et interrompre ensuite le traitement faute de séances de radiothérapie.

« En fait, c’est comme si on n’avait rien fait pour le malade, inexorablement voué à la mort «, explique-t-elle. Et de poursuivre «Avant nous parlions de délais de radiothérapie à plus de 7 mois après la chimiothérapie, aujourd’hui nous parlons d’années «, regrette Mme Kattab. « Sur les 20 000 restants, qui peut aller chez le privé en payant la totalité de la somme requise ? «, s’est-t-elle interrogée. De ce fait, l’interlocutrice demande à ce que les malades qui subissent des séances de radiothérapie chez le privé (50 millions de centimes) soient entièrement pris en charge par la CNAS.

Par ailleurs, Mme Kattab a relevé l’importance de la sensibilisation des citoyens sur la question du cancer digestif et la nécessité de leur faire comprendre l’utilité du dépistage. Pour elle, la plupart des patients fréquentent les centres de traitement lorsqu’ils sont à un stade avancé de la maladie. Une situation qui peut changer, si les citoyens ne négligent pas leur santé, a-t-elle dit. le professeur Kamel Bouzid, chef de service d’oncologie au Centre Pierre-et-Marie-Curie (CPMC) du CHU Mustapha (Alger) et président de la Société algérienne d’oncologie, avance le chiffre de 45 000 nouveaux cas de cancer qui sont recensés annuellement. « Le cancer le plus fréquent est celui du sein, où environ 10 000 nouveaux cas sont classés par an», a-t-il révélé.

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