Revue de presse. Essais nucléaires français en Algérie : seulement une quarantaine de demandes d’indemnisation

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Le document déclassifié du ministère français de la Défense sur l’opération Gerboise et les essais nucléaires dans le nord de l'Afrique, publié le 14 février par Le Parisien.

Lu sur Le Quotidien d’Oran

« Il y a pour l’instant peu de demandes qui ont été adressées par des Algériens pour indemnisation ». 

C’est ce qu’a déclaré hier l’ambassadeur de France en Algérie, M. André Parant, concernant les victimes des essais nucléaires français dans le Sahara algérien qui attendent toujours d’être indemnisées. Une quarantaine de demandes seulement ont été déposées bien que la loi qui prévoit tout un mécanisme d’indemnisation existe depuis 2010. Ce procédé d’indemnisation qui traîne depuis des années, semble avoir été relancé entre l’Algérie et la France. Les deux parties, selon l’ambassadeur, sont en contact pour aider les victimes et faciliter l’accès à ce mécanisme. Pour le diplomate français, l’opération se déroule dans de bonnes conditions avec une volonté affichée de part et d’autre. La mise en œuvre de ce mécanisme est une affaire de semaines, a confirmé M. André Parant à une question du Quotidien d’Oran. «C’est un sujet sur lequel nous entretenons un dialogue régulier et étroit avec les autorités algériennes. Nous sommes en train de voir comment nous pourrions faire pour améliorer l’information du public algérien et voir comment faciliter l’accès des victimes potentielles algériennes à ce mécanisme», a expliqué le diplomate français en visite à la chambre de commerce et d’industrie de l’Oranie (CCIO).

Plus explicite, l’ambassadeur a indiqué que «la loi de 2010 fixe les critères de temps, de lieu. Je ne suis pas en mesure de dire si elle concerne l’ensemble du territoire algérien ou pas. C’est un point que je pourrais facilement vérifier. Mais, de toute façon, le débat reste ouvert. Il me semble que la loi dit que toute personne résidente en Algérie durant la période de l’explosion et présentant les symptômes d’une des maladies radio-induites qui figurent sur une liste jointe à la loi peuvent présenter un dossier d’indemnisation». Ce mécanisme d’indemnisation concerne, selon, M. André Parant, «les personnes qui considèrent avoir été victimes potentielles ou avérées des essais nucléaires auxquels la France a procédé dans le Sahara de l’Algérie et dans l’Océan pacifique». «La loi ne définit aucune discrimination sur la nationalité. Les critères et les conditions d’accès à ce mécanisme d’indemnisation sont les mêmes, que vous soyez Français ou Algérien», a tenu à préciser l’hôte de la wilaya d’Oran.

Le peu de demandes déposées est justifié par l’ambassadeur par un manque d’informations. Selon lui, «le public algérien n’est peut-être pas suffisamment informé de l’existence de ce mécanisme. Et peut-être que les gens, même ceux qui sont informés, ne savent pas très bien comment faire et comment s’y prendre. On a discuté lors de la première visite du Premier ministre français en Algérie pour mettre en place des mécanismes pour, d’une part, donner l’information sur l’existence de ce mécanisme et, d’autre part, voir comment on peut aider les victimes algériennes et celles qui considèrent avoir droit à une indemnisation à constituer leur dossier et à le présenter».

«PAS D’ELEMENTS NOUVEAUX» DANS LA CARTE DIFFUSEE PAR ‘LE PARISIEN’

Interrogé par «Le Quotidien d’Oran» si l’étendue des retombées nucléaires découverte dans la carte diffusée par le journal Le Parisien sera prise en compte, M.André Parant a affirmé que «la carte sur laquelle s’est fondé l’article du Parisien fait partie d’un lot de 158 documents qui ont été déclassifiés par décision du ministre français de la Défense après consultation d’une commission spécialisée qui s’appelle la commission consultative du secret national. Il y avait déjà une cinquantaine de documents qui étaient déclassifiés auparavant. Tout ceci témoigne de la part des autorités françaises de volonté de transparence de ce dossier». Pour l’ambassadeur, «158 documents, ce n’est pas rien. De notre point de vue, la carte qui a été diffusée n’apporte pas d’éléments nouveaux au débat. Elle dit simplement qu’il y a eu dissémination d’éléments radioactifs dans l’atmosphère. Cela, on le sait. Chaque fois qu’il y a une explosion ou un accident nucléaire du type Tchernobyl ou Fukushima, il y a des éléments radioactifs qui sont disséminés dans l’atmosphère. Donc, la carte qui a été publiée et qui a servi de base à l’article du Parisien n’apporte en réalité aucun élément nouveau au débat».

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