Lu sur Liberté

Les partis qui soutiennent la candidature de Bouteflika sont sur le pied de guerre sur fonds de concurrence impitoyable : à qui récoltera le maximum de signatures ? Tous les sièges des partis visités grouillaient de monde ces derniers jours. Va-et-vient incessants des militants et réunions non-stop animent les sièges des partis du FLN, du MPA, du RND et de Taj. Pas loin que la semaine écoulée, les sièges de ces partis étaient presque désertiques, mais l’annonce de la candidature de Bouteflika a mis du mouvement en leur sein.

Militants et cadres de ces partis ont été rappelés en renfort pour mener la campagne de collecte des parrainages d’élus et des signatures de citoyens au profit de leur candidat. Les responsables de ces partis rencontrés au cours de notre virée dans leurs QG évoquent tous la réunion “en un temps record” de maximum de signatures pour le Président-candidat. “Sa candidature est une réponse aux multiples sollicitations des citoyens, des partis politiques et de la société civile.”

Donc, assurent-ils, “la collecte des signatures est chose aisée”. Mais à côté de cette certitude, une guerre sans merci est livrée entre les partisans du 4e mandat. Il s’agit, pour chacun d’eux, de réunir plus de parrainages que l’autre. À Ben Aknoun, au siège du RND, d’apparence, le lieu est calme, mais un autre décor s’offre aux visiteurs dès qu’on franchit le seuil de la réception. Dans les bureaux, les téléphones ne cessent de sonner et les discussions tournent autour des formulaires de signatures. 1000 par-ci, 10 000 autres par là, tels étaient les propos que s’échangeaient les présents. “Il faut être rapide et efficace”, nous dit une jeune militante.

Dans son bureau du 4e étage, Nouara Djaffar, porte-parole du parti, a informé que 8 731 élus ont déjà jeté leur dévolu sur le candidat Bouteflika. “L’opération est simple pour un parti structuré comme le nôtre”, précise-t-elle, en soulignant que concernant la campagne, “les responsables du parti vont s’impliquer davantage”. Interrogée sur l’absence “physique” du Président-candidat lors de la campagne, elle ne perd pas de vue que “la campagne est un travail d’équipe” qui se basera “sur la défense du programme et des réalisations de Bouteflika”, et ce, a-t-elle dit, “dans le respect des règles démocratiques”.

Ces règles démocratiques, que la porte-parole du RND évoque, sont celle liées à la transparence de l’élection. “Le scrutin sera libre”, a-t-elle assuré, avant d’ajouter que pour le RND : “Les jeux ne sont pas encore faits.” Nouara Djaffar déclare ignorer si l’ancien SG du parti, Ahmed Ouyahia en l’occurrence, sera de la partie ou non.

Même décor au MPA d’Amara Benyounès. Dans leur nouveau siège situé à Hydra, plusieurs militants occupent les différents bureaux du 1er étage. Les présents s’affairaient à distribuer les formulaires aux responsables des sections locales du parti. De Sétif à Khenchela, en passant par Tlemcen et Annaba, sans oublier, bien entendu, la capitale, “plus de 100 000 formulaires ont été déjà distribués en une seule journée”, nous apprend Mohamed El-Morro, directeur de campagne du MPA.

“Bouteflika n’est pas absent”, répond notre interlocuteur à la question de l’absence de leur candidat. “On l’a vu à l’oeuvre les semaines passées lorsqu’il a mis de l’ordre dans la récente guerre médiatique et aux dérapages des uns et des autres”, a-t-il justifié en ajoutant que la campagne se focalisera sur la défense de ses réalisations. Ses acquis, selon M. El-Morro, se résument notamment à la stabilité du pays. “Nous sommes convaincus qu’il est l’homme de la situation”, a-t-il souligné, en indiquant que son parti a apporté son soutien à Bouteflika sur la base de ses engagements.

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