J’ai 23 ans, un nouveau boulot et un nouveau petit ami que j’adore et je viens de quitter le foyer familial pour vivre dans mon propre chez moi en coloc à Paris. Il y a cinq ans, j’entamais ma seconde année de classe prépa, j’avais des ambitions (que j’ai toujours, d’ailleurs) et plein de projets pour l’avenir quand j’ai appris que j’étais enceinte – tardivement, à environ neuf semaines.

Cette grossesse, je l’ai vraiment vécue comme une rage de dents : il fallait me faire arracher la source de mes problèmes. Je ne suis pas passée par une phase de grande réflexion philosophique sur le sens de vie ou le statut de l’embryon squattant mon utérus. Je n’ai pas senti d’attaches particulières avec cette vague forme de haricot rouge visible sur l’échographie.

Je n’ai pas connu de souffrance, de culpabilité ou de détresse quant à mon choix de mettre fin à cette grossesse non désirée. J’ai la chance d’être parisienne, j’ai obtenu rapidement un rendez-vous au Planning familial, et mon IVG s’est déroulée une semaine après. Que l’avortement ne soit pas une « partie de plaisir » comme on peut souvent le lire ou l’entendre, c’est évident – au même titre qu’il n’est pas un moyen de contraception.

Pour autant, est-ce un choix qui doit forcément peser sur la conscience des femmes toute leur vie, comme source de culpabilité ou de douleurs psychologiques  ? Eh bien non, j’ai avorté et je vais merveilleusement bien, je ne regrette nullement ce choix et m’en félicite quand j’entends brailler un bébé dans le métro, ou quand je bois des coups avec mes copains le mercredi soir jusqu’à 2 heures du mat’.

Et je refuse de faire semblant de penser qu’avorter, c’est grave ! C’est juste un choix qui te met au pied du mur quand tu ne t’y attends pas. C’est juste comme si un rendez-vous chez ton gynéco durait une journée, et qu’il invitait tous ses potes à venir mater ce qui se passe dans ta culotte.

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