Revue de presse. Les étranges méthodes du nouveau consul algérien d’Alicante

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Lu sur El Watan

Des centaines de ressortissants algériens établis en Espagne, notamment au sud, ont signé une pétition pour exprimer leur colère devant la mauvaise prise en charge de leurs problèmes par le Consulat d’Algérie à Alicante. Ces derniers veulent dénoncer l’anarchie totale qui sévit dans les services consulaires, souhaitant l’intervention immédiate des autorités algériennes pour remettre de l’ordre dans cette institution. Depuis l’arrivée de l’actuel Consul, la communauté algérienne de la circonscription d´Alicante souffre de toutes sortes de blocages.

A cet effet, le président de l´association des immigrés Algériens de l’Andalousie établi à Séville, Monsieur Saïd Benrekia, a adressé deux lettres (dont nous détenons les copies), au ministre algérien  des affaires étrangères  pour dénoncer les misères et les souffrances que vivent les Algériens de cette circonscription.

Dans les deux missives, plusieurs points ont été soulevés concernant les nouvelles méthodes de gestion concoctées par le nouveau consul, jugées complètement rigides, improductives et illégales.

Les problèmes sont multiples : blocages, bureaucratie, manque de collaboration, etc., et le consul ne reçoit que le jeudi ; un jour de semaine où tout le monde  travaille. Les employés du consulat ont reçu l´ordre de ne pas collaborer avec les représentants du mouvement associatif, ce qui a compliqué davantage la situation.

Les ennuis  des ressortissants algériens commencent dès l´accueil. L’étroite salle d’attente destinée à accueillir le public se limite à un garage transformé pour la circonstance, en guichets réservés aux visas et aux passeports. Les algériens et les étrangers, en majorité espagnols, se partagent désormais, ce petit espace. Le siège du consulat est situé dans un endroit qui ne reflète pas du tout l´image de l´Algérie.

Dans sa lettre, le président de l´association a essayé d´attirer l´attention du ministre sur les expériences de dizaines de personnes qui se sont rendus au consulat après avoir parcouru des centaines de kilomètres, et se sont vu refuser le renouvellement de leurs passeports ordinaires, faute de 12S, alors que la date limite pour la conversion de l’ancien passeport est fixée au 24 novembre 2015. Même si l’opération du passeport biométrique s’effectue normalement, elle est réalisée au détriment des intérêts des ressortissants. Certains d´entres eux, avec moult difficultés, ont pu bénéficier de passeports ordinaires de courte durée, allant de un à trois mois. Mais cela ne règle malheureusement pas leurs problèmes car pour le renouvellement des cartes de résidence, la législation espagnole exige un passeport en vigueur d´au moins quatre mois. Le passeport n´est-il pas un droit constitutionnel, comme dans tous les pays du monde ? Les lois sont-elles différentes d´un consulat à un autre ? Se demande le président de l´association des immigrés algériens de l´Andalousie.

Dans la même lettre, le représentant de l´association a mis l´accent sur le manque d’intérêt du Consul sur la situation des personnes et des familles qui vivent des circonstances particulières, telles que les malades et les handicapés. La communication avec le consulat est quasi inexistante, le site internet est vide, un long fossé s´est malheureusement creusé entre la communauté et le consulat.

Les sans papiers et le passeport biométrique

Le passeport biométrique est un énorme problème pour des milliers d´algériens sans statut légal qui souhaitent  bénéficier d´une procédure de régularisation ayant pour but la normalisation de la situation des étrangers qui se sont implantés illégalement en Espagne, sans qu’il soit nécessaire pour eux d’obtenir un visa d’entrée dans ce pays. Ceux qui ont vécu au moins trois années en terre ibérique, doivent justifier cette période avec un certificat de résidence et se procurer un contrat de travail.

Le communiqué de l´association demande au ministre des affaires étrangères de continuer à délivrer le passeport ordinaire d´une période d´une année à cette frange de la communauté afin de pouvoir régulariser leurs situations, comme l´exige la loi espagnole, car les procédures sont longues et varient entre huit et dix mois, considérant que le passeport biométrique n´est qu´un document pour voyager et que les sans papiers n´ont pas besoin de quitter le territoire avant leurs régularisations. « Si les ressortissants régulièrement établis en Espagne souffrent le martyr pour obtenir un passeport ordinaire en vue de renouveler leurs documents, qu’en est il des sans papiers ? » lit-on dans la lettre.

Lu sur El Watan