Le déballage continue. Après les attaques de Amar Saïdani contre le DRS et les salves qui ont ciblé ce dernier, c’est au tour d’un ancien général à la retraite, Hocine Benhadid, de s’en prendre au Général-Major Gaïd-Salah et aux membres du clan présidentiel, à commencer par le frère du chef de l’Etat, Saïd Bouteflika, jugé comme étant « un homme corrompu ».

Cette sortie médiatique de l’ancien commandant de la 8ème division blindée qui dépend de l’armée de terre, rapporte un élément nouveau au débat ambiant sur les relations entre plusieurs clans du sérail. On apprend ainsi que le conflit en cours n’est point entre le DRS et l’Etat-Major de l’armée, mais plutôt entre Ahmed Gaïd-Salah, chef d’Etat-Major et vice-ministre de la Défense nationale et le reste des pans de l’armée. « Ne l’appelez plus «chef d’état-major» ! Depuis quand a-t-on vu un chef d’état-major nommé vice-ministre ?! Le chef d’état-major n’a aucune crédibilité et personne dans l’armée ne le porte dans son cœur. Ils ont juste peur de lui à cause de ses prérogatives. C’est tout », a insisté Benhadid dans l’entretien accordé aux journaux El Watan et El Khabar.

Pis encore, cet ancien officier supérieur, mis à la retraite en 1996 à l’âge de 52 ans, estime que « Toufik n’a aucun motif de discorde avec Gaïd-Salah, mais c’est ce dernier qui provoque le chef du DRS. Gaïd-Salah ne peut absolument rien contre Toufik. Il n’en a ni les capacités ni l’envergure. Toufik est très malin ! »

Une preuve supplémentaire que les luttes au sommet du pouvoir ont atteint des proportions alarmantes. Car, de tels propos ne font qu’ajouter une couche de brouillard à une ambiance qui ne donne pas forcément de l’assurance, malgré les affirmations selon lesquelles « l’unité de l’armée » n’est pas encore menacée. Avant cette sortie du Général Benhadid, qui précise qu’il ne parle pas en son nom personnel, d’autres déclarations plus au moins recoupées convergent vers de graves dissensions dans le corps de l’armée. Espérons enfin que le virus de la zizanie ne finira pas par pourrir tout le corps de l’armée !

Essaïd Wakli