Les différents responsables de l’Etat tentent désespéramment de convaincre les Algériens que leur Président va bien et est en bonne santé. Après le ministre du développement industriel Amara Benyounès et l’ancien Premier ministre Abdelmalek Sellal, c’est au tour d’Abdelaziz Belkhadem de rassurer les électeurs algériens sur la santé d’Abdelaziz Bouteflika.

Dans un entretien accordé à la chaîne de télévision « Dzair Tv », l’ancien chef de gouvernement, Abdelaziz Belkhadem, conseiller à la présidence de la République depuis peu, a indiqué que le chef de l’Etat Abdelaziz Bouteflika n’a pas besoin que d’une « rééducation fonctionnelle au niveau des membres inférieurs ». D’où le fait, laisse-t-il entendre, que les Algériens n’ont vu leur Président qu’assis ces derniers mois.

Acculé par le journaliste de Dzaïr Tv, qui lui a rappelé les images d’Abdelaziz Bouteflika, lorsqu’il a été reçu au Conseil constitutionnel par Mourad Medelci, où le Président en exercice, âgé de 77 ans, avaient peiné à s’exprimer quelques secondes, Abdelaziz Belkhadem a botté en touche, se contentant de dire que la voix du Président « part quelques fois et revient par la suite »Mais alors, « pourquoi ne s’exprime-t-il pas quand elle revient ? », rétorque le journaliste pugnace. A court d’argument et d’explication, l’ancien chef de gouvernement n’a pu réagir à cette remarque et a cette fois gardé le silence.

Une campagne par procuration

Comment interpréter ce silence ? S’agit-il d’un aveu indirect de la part d’Abdelaziz Belkhadem quant à la dégradation de l’état de santé du Président, depuis son second AVC en avril 2013 ? Les ministres du gouvernement en place, jusqu’à l’ancien chef du gouvernement, Abdelmalek Sellal, fraîchement nommé directeur de campagne du Président-candidat, ont beau répété à l’envie qu’Abdelaziz Bouteflika « va mieux et récupère de jour en jour », le doute quant à ses facultés physiques et intellectuelles demeurent sérieusement aux vues des dernières apparition en publique du Président. Un doute qui gagne jusqu’au rang de ses sympathisants, qui ont massivement assisté au premier meeting de campagne, organisé samedi par le FLN. Un meeting auquel Abdelaziz Bouteflika ne s’est pas présenté alors que ce rassemblement de militants, chapeauté par Abdelmalek Sellal, donnait le coup d’envoi de la campagne pour du 4ème mandat. Pire, on ne sait rien de son agenda pour les semaines à venir, qui coïncide avec le démarrage officiel de la campagne. 

En effet, la campagne officielle débutera le 23 mars prochain mais sans le Président-candidat. A la place d’Abdelaziz Bouteflika, c’est Abdelmalek Sellal qui se rendra à Tamanrasset pour ce qui est le premier déplacement en région de l’équipe du Président sortant. Le clan présidentiel s’achemine donc tout droit vers une campagne par procuration.

Elyas Nour

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