Mostefa Bouchachi franchit le pas. Le député du FFS a démissionné publiquement de l’Assemblée populaire nationale. L’avocat a rendu publique sur sa page facebook, ce matin, une lettre de démission envoyée au président de l’Assemblée populaire nationale.

Dans sa lettre de démission, l’ancien président de la Ligue algérienne pour la défense des Droits de l’Homme a justifié son geste par le fait notamment que la chambre basse du parlement ne remplit pas son rôle de représentant du peuple. S’il dit ne pas « se faire d’illusion » quand à la possibilité du FFS de changer les choses tant qu’il est minoritaire, Mostefa Bouchachi explique qu’il entendait faire de cette arène « une tribune » pour expliquer les positions de son parti.

Le député a énuméré les raisons qui l’ont poussé à remettre sa démission à la direction de campagne. Il cite entre autres le fait que le gouvernement ne daigne pas répondre aux questions des députés. Pis, il s’insurge contre les retards que prennent les ministres à répondre aux questions des parlementaires.

Parmi les autres raisons qui l’ont poussé à remettre son mandat, Mostefa Bouchachi cite le refus systématique du bureau de l’APN d’accepter les propositions de commission d’enquêtes et le refus de l’Assemblée d’interroger le premier ministre qui « distribue de l’argent dans les wilaya au mépris de toutes les lois ».

Pour conclure, le célèbre avocat explique que sa décision est justifiée par le respect de sa « personne et des Algériens ».

La décision de Mostefa Bouchachi est une première dans les annales parlementaires algériennes. Si des sénateurs, parmi lesquels Salah Boubnider, Mokrane Aït-Larbi et Abdelhak Brerehi notamment, avaient démissionné en 2001 en signe de protestation contre les évènements de la Kabylie, c’est la première fois qu’un député remet son mandat. Cette décision va certainement laisser des traces. Plusieurs sources proches du célèbre avocat affirment que Maitre Bouchachi compte démissionner également du FFS.

 

Essaïd Wakli