Les candidats à l’élection présidentielle entament demain leur quatrième journée de campagne. En plus des programmes et des insultes, le fait marquant de cette campagne est l’absence du public qui a maqué plusieurs meetings.

Le président de Ahd 54, Ali-Fawzi Rebaïne est le premier candidat à payer les frais de cette absence du public. Alors qu’il devait animer un meeting mardi dans la ville de Souk-Ahras, Ali-Fawzi Rebaïne a été obligé d’annuler le rendez-vous faute de public. Le candidat a beau expliqué que le public a répondu à la « pression de l’administration », mais il sait que personne ne le croit. Même l’argument du retrait de portrait du chef de l’Etat en cours avancé par le candidat ne tient
pas vraiment la route. Le même syndrome de salle vide touche également Moussa Touati. Le président du FNA n’arrive toujours pas à mobiliser malgré les apparences.

Des enfants pour combler le vide

La popularité dont jouit Louisa Hanoune ne l’a pas empêchée de subir, elle aussi, le manque de flux du public. Si la candidate du PT a fait salle comble dans la ville ouvrière de Annaba, son second meeting animé dans la ville de Skikda n’a pas drainé une grande foule. Pis, les responsables du PT ont dû remplir la salle par des enfants. Les images qui tournent sur les réseaux sociaux donnent un aperçu pathétique de la situation.

Même Sellal ne remplit pas ses meetings

Même Abdelmalek Sellal, qui fait pourtant campagne pour le Président sortant, a dû attendre plus d’une heure pour voir une partie de la salle qui devait abriter, lundi, son meeting à Blida, se remplir. Les autres responsables qui mènent campagne pour Bouteflika prêchent souvent dans des salles vides. C’est le cas de Amar Saadani à Sétif ou de Amara Benyounès et Amar Ghoul qui se sont rendus à Souk-Ahras. Ces deux derniers responsables ont dû compter sur le concours des employés de la mairie et des enfants pour trouver un petit public.

Benflis le plus populaire

Le seul candidat qui arrive à remplir correctement les salles est Ali Benflis. L’ancien premier ministre jouit toujours d’une aura auprès de la population. Benflis est talonné par le plus jeune des candidats, à savoir Abdelaziz Belaïd, qui n’a pas encore connu le syndrome de la salle vide.

Il faut dire que la campagne commence un jour de semaine, ce qui ne permet pas aux habitants de se libérer. Il faudra donc attendre au moins la fin de cette première semaine pour se faire idée précise.

Essaïd Wakli

Campagne présidentielle : Le syndrome de la salle vide
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