Abdelaziz Bouteflika veut faire ce qu’il n’a pas fait en quinze ans. Dans le programme rendu public par l’équipe de campagne du président candidat, on trouve autant de promesses que de ratages.

De la construction de milliers de logements, jusqu’à la réforme de l’armée, en passant par le volet social, Abdelaziz Bouteflika veut encore faire croire au miracle.

Alors que ses trois mandats précédents ont été marqués par une corruption sans pareil, le chef de l’Etat promet non seulement de lutter contre ce phénomène, mais prévoit le rapatriement des fonds issus de la corruption. « De même, à travers le renforcement de la transparence et du contrôle dans la passation des marchés publics, et la simplification des règlements et procédures auxquels sont astreints les citoyens dans leurs relations avec l’administration, les opportunités de corruption à tous les niveaux, seront éliminées », lit-on dans le document mis en ligne par la direction de campagne du candidat.

Alors que le règne de Bouteflika est marqué par une économie basée sur la rente, le programme du candidat prévoit « la relance de l’industrie publique » et « un taux de croissance de 7% ». Le projet de ré-industrialisation du pays passe, selon Bouteflika, par « soutien à la production nationale qui, dans plusieurs domaines, peut et doit se substituer aux importations » et la transformation de l’Andi en « pôle spécialisé pour orienter les investisseurs potentiels vers des projets porteurs, les accompagner dans leur réalisation et leur fournir des conseils en matière d’organisation et de gestion ».

Pour le logement, Bouteflika reprend ses vieilles recettes. « Outre la réalisation des programmes de logements publics locatifs, de logements urbains promotionnels et d’habitat rural aidés par l’État, les programmes de location-vente AADL et LPP seront étendus pour répondre pleinement à l’ensemble des candidats éligibles », écrit-on.

Sur le plan politique, Abdelaziz Bouteflika fait une étonnante promesse. Lui qui a refusé tout partage de pouvoir, promet un «statut pour l’opposition ». Il préconise de «doter l’opposition d’un statut la mettant à l’abri de toute tentative de marginalisation dans la vie politique, parlementaire, dans l’accès à l’information et aux médias, ou dans toute autre sphère de la vie de la Nation ».

Abdelaziz Bouteflika promet la poursuite de « la réforme de l’armée ». «L’importance des missions de sécurisation de nos frontières et d’éradication des résidus du terrorisme qu’elle mène d’une manière exemplaire donnent toute la mesure de la considération et du soutien que la Nation doit lui manifester », écrit encore l’équipe de Bouteflika.

En plus de cela, Abdelaziz Bouteflika promet «plus d’emplois ». 

Essaïd Wakli