Rabah Madjer fait également campagne pour le président candidat, Abdelaziz Bouteflika. Le fait n’est pas nouveau. De plus en plus d’artistes, sportifs et autres s’expriment, souvent pour soutenir le responsable en place ou le candidat du système.

En plus de l’ancien champion d’Europe Madjer, c’est au tour de Lakhdar Belloumi. Ce dernier a l’habitude de s’afficher également avec Bouteflika. Contrairement aux rendez-vous précédents, cette fois-ci les champions olympiques, Nouredine Morsli et Hassiba Boulmerka se sont faits discrets. A l’inverse les sportifs en activité évitent généralement de s’exposer lorsqu’il s’agit de questions politiques. C’est le cas aussi de plusieurs artistes, dont Cheb Toufik, pourtant enclin à se montrer à côté d’un ministre. Ces sportifs sont, à chaque rendez-vous électoral, «sollicités» par les autorités afin de passer à la télévision pour faire campagne pour le vote.

En revanche certains jouent le jeu électoral. D’autres vont jusqu’à se faire photographier avec le portrait du président. Il faut dire que le «chiffre d’affaire» de la majorité de ces artistes et anciens sportifs se fait avec le pouvoir en place. Dès qu’un chanteur exprime un avis contraire, il est vite banni des festivals et autres galas organisés par l’Etat. C’est le cas du rappeur Lotfi Double Kanon qui avait, il y a environ deux mois, fait une chanson dans laquelle il s’attaque au Premier ministre de l’époque, Abdelmalek Sellal, actuellement directeur de campagne de Bouteflika. A la suite de cette chanson, ses concerts ont tous été annulés, même ceux qu’il devait tenir chez des privés. Les autres, ceux qui soutiennent, se font à l’inverse grassement payer.

Dans le domaine sportif, l’exemple de Rabah Madjer est flagrant. Il a été nommé, au début de l’année, président d’une commission du Ministère de la jeunesse et des sports, la Commission de détection des jeunes talents sportifs. Celui-ci rêve de driver un jour la sélection nationale de football. Il pense, peut-être, qu’en s’affichant ouvertement avec le 4ème mandat de Bouteflika, les portes des Verts lui seraient grandes ouvertes…

Elyas Nour

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