Yorgos Arvanitis, chef opérateur sur le tournage du film biopic sur Lalla Fadhma N’Soumer, n’oubliera sûrement pas de sitôt sa première expérience en Algérie. Entre soulagement et indignation, il raconte les obstacles, parfois invraisemblables, qu’il a dû surmonter pour venir à bout de son projet. Récit.
« C’est un soulagement pour moi de faire un film dans de telles conditions ». C’est ainsi que conclut Yorgos Arvantinis, chef opérateur, qui a pris la photographie sur le tournage en Algérie du film biopic retraçant la vie de la résistante Lalla Fadhma N’Soumer, son carnet de bord, publié sur le site de l’Association française des directeurs de photos.
Il faut dire que tourner en Algérie est loin d’être une promenade de santé, notamment pour des équipes étrangères. Il y a d’abord l’important dispositif sécuritaire, déployé lorsqu’un groupe étranger foule l’Algérie pour filmer quelques images, à gérer. Une escorte dont ce serait passé Yorgos Arvantinis, puisqu’elle a relativement ralenti le travail sur le terrain. « L’escorte militaire qui nous suivait partout. Nous avons eu le droit à vingt véhicules et deux fois plus de Kalachnikovs, plus un déploiement de forces spéciales pour les dix Français de l’équipe… Autant vous dire qu’en fin de journée, il ne fallait pas être trop pressé pour rentrer chez soi », témoigne-t-il sur le site de l’Association française des directeurs de photos.
« Autant vous dire que les mulets ont désormais une phobie des pieds en aciers »
Mais ce n’est pas tout. L’équipe du film Lalla Fadhma N’Soumer a trouvé toutes les peines du monde à transporter son matériel professionnel. Dans son récit, le chef opérateur du long-métrage raconte le périple que ses camarades ont enduré pour monter le matériel dans des endroits isolés et escarpés. « Mon plus grand souci sur ce film concernant la lumière était bien évidemment le matériel. Il a été certes plus facile pour nous de ramener le matériel de France, que de le monter sur nos décors souvent à grande altitude et dans des lieux très peu accessibles, tout comme le courant électrique. Autant vous dire que les mulets ont désormais une phobie des pieds en aciers, du bras Aérocrane et de la tête Mosys ! Heureusement pour eux que nous n’avions pas de gueuses, même si on les réclamait depuis le deuxième jour du tournage, nous ne les avons jamais eues ! Nous avons fait quelques branchements mais parfois la tension dépassait à peine les 200 V. Dans un film où les 80 % sont des extérieurs et avec des contrastes souvent très importants, je devais me battre constamment avec mes panneaux réflecteurs et le cadre 4 x 4, d’autant plus que mon 6 kW ne voulait jamais s’allumer ! », développe Yorgos Arvantinis.
« Des décors naturels superbes »
Mais ces efforts en valaient la peine à en croire le chef de la lumière sur le tournage du film Lalla Fadhma N’Soumer car l’Algérie offre des décors naturels magnifiques, reconnaît Arvantinis. « Les décors étaient superbes, il y a eu un très bon travail sur les costumes malgré mes constantes railleries quant à la patine, et nous avons eu de bons acteurs très coopératifs », nuance-t-il.
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