Avec le retrait des candidatures de Ahmed Benbitour et Mohand-Tahar Yala, c’est pratiquement la quasi-totalité des candidats à la candidature à la présidence de la République qui se retire de la course. Les deux personnalités rejoignant ainsi la longue listes des hommes politiques qui ont décidé de ne pas « cautionner » la réélection forcée de Abdelaziz Bouteflika.

S’ils sont les derniers à se retirer, les deux ténors de la classe politique que sont Mohand-Tahar Yala et Ahmed Benbitour ont utilisé des termes très durs envers le système en place, notamment le chef de l’Etat sortant. L’ancien commandant des forces navales accuse Bouteflika de « volonté claire d’imposer une présidence à vie, ce clan considère que la situation est désormais mûre pour instaurer un régime monarchique, de type dynastique, qui anéantirait la souveraineté du peuple ». Pis, il propose comme « seule sortie de crise (…) est l’arrêt du processus électoral en cours et la mise en œuvre d’une période de transition pour construire avec l’ensemble des forces vives de la nation un véritable État de droit qui rende la souveraineté au peuple ».

De son coté, Ahmed Benbitour  estime que, « en réalité, les urnes ne seront qu’un leurre et une piraterie légalement   soutenue. Une fois de plus, en Algérie, les forces de la fraude auront pris le dessus sur l’argumentation convaincante (…). D’où mon retrait des ces   élections (…) ».

Avant les deux hommes, d’autres personnalités, à l’image de Sofiane Djillali, avaient annoncé leur retrait de la course à la présidentielle pour absence de garanties. Il s’agit essentiellement de Sofiane Djilali, président de Jil Jadid qui estime que « nous sommes face à un processus de coup d’Etat ». L’homme a récolté les parrainages nécessaires, mais il préfère ne « pas servir de lièvre ».

Seuls cinq candidats vont animer la campagne électorale. Il s’agit, en plus de Abdelaziz Bouteflika, de Ali Benflis, Louisa Hanoune, Moussa Touati et Abdelaziz Belaid.

Des personnalités importantes, à l’image de Saïd Sadi et Abdellah Djaballah ont déclaré dès le début qu’ils ne vont pas participer à cette élection que Mouloud Hamrouche qualifie de « moyen pour légitimer l’illégitime ».

 

Essaïd Wakli