Je vous fais une devinette. Je vous décris une situation et vous me dites à quel jour de l’année correspond-elle. Toutes bien habillées, sourire aux lèvres, elles envahissent les rues, emplissent les restaurants et les salles des fêtes. On leur offre des fleurs et des promesses et en fin de journée, elles rentrent chez elles épuisées, elles cherchent un vase pour y placer délicatement et soigneusement leur joli bouquet et se mettent au lit en espérant qu’un jour les promesses deviennent réalité…. Bravo, vous l’avez deviné. C’est le 8 mars!

Chaque année, chaque 8 mars, les femmes algériennes sont à l’honneur. On leur offre des fleurs, des cadeaux, des concerts, l’Etat leur consacre une demi- journée, la société entière les célèbre et, au menu du jour, encore des promesses d’une meilleure condition existentielle dans une société patriarcale, conservatrice et misogyne.

Quand la journée du 8 mars s’achève, tout redevient comme avant. Les promesses se volatilisent et toutes les injustices reprennent Comme par magie, la journée du 8 mars ressemble à un conte de fée. Durant cette journée, la femme est telle une cendrillon, transformée en une sublime princesse que tout le monde adule, mais arrivée minuit, la magie disparait et la femme se transforme en une victime, un souffre-douleur, une proie, un objet sexuel, une boniche.

Je ne veux pas dresser un tableau noir de la situation de la femme en Algérie. Nous avons certes certains acquis, mais qui demeurent encore insuffisants à la lumière de tous les fléaux qui menacent la femme algérienne. En Algérie, je suis une femme, mais je n’ai jamais fêté le 8 mars. Vous voulez que je vous dise pourquoi ? Parce que j’ai juré de ne jamais sortir célébrer cette Journée Internationale de la femme que le jour où elle sera comme je la rêve.

Mais, comment je rêve le 8 mars en Algérie, moi citoyenne algérienne ? Je fêterais le 8 mars quand les hommes apprendront à respecter la femme comme un individu à part entière….

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