Rien ne va plus au sein du Forum des Chefs d’entreprise (FCE) en cette période électorale. L’assemblée générale censée réunir les patrons algériens pour trancher la question d’un soutien politique et financier à Abdelaziz Bouteflika lors de l’élection présidentielle s’est déroulée ce matin à l’hôtel El Aurassi de manière tumultueuse.

La candidature du Président de la République sème la zizanie au sein du FCE. L’assemblée générale extraordinaire qui a lieu ce matin a porté le coup de grâce à l’organisation patronale. Les chefs d’entreprise devaient statuer ce matin sur la position du FCE dans l’élection présidentielle et répondre à la question « êtes-vous pour le renouvellement du soutien à Abdelaziz Bouteflika. « Nous avons vécu un coup de théâtre lors de l’assemblée générale. A la demande d’Ali Haddad et Laid Mohamed Benamor les urnes ont été retirées et ils ont annulé le bulletin secret », explique une source proche du FCE à Algérie-Focus. Le FCE avait pourtant opté pour un vote à bulletin secret afin que chacun exprime son opinion sans crainte de représailles, mais au dernier moment le « noyau dur » pro-Bouteflika a retourné la situation.

Une décision qui a suscité la colère ce matin, « une trentaine de membres a quitté l’assemblée générale pour protester contre le changement de méthode de vote », précise encore notre source. L’AG avait déjà réuni peu de monde, seulement 50 patrons – sans les procurations –  sur 350 s’étaient déplacés. Même Omar Ramdane, président d’honneur du FCE a boycotté la session. Il est vrai que lors des deux dernières élections de 2004 et 2009, le FCE avait ouvertement soutenu le candidat Bouteflika, mais cette année, les membres ne sont pas tous d’accord pour qu’on leur impose un avis politique. Surtout ils refusent que l’organisation joue un rôle politique alors qu’elle est censée se contenter de prérogatives économiques.

Autre tension lors de l’AG extraordinaire l’appel d’Ali Benflis au FCE. « La lettre d’Ali Benflis a fait un grand effet et a créé un malaise entre les membres du FCE », raconte la même source. En effet le candidat a publié une lettre dans laquelle il s’adresse à Réda Hamiani le chef du FCE. Il y explique qu’ « une organisation patronale doit pouvoir se mettre à l’écart du débat politique et œuvrer pour lever les pressions politiques qui fragilisent l’entreprise qui doit pouvoir retrouver sa vocation socio-économique de facteur central de production de richesses ».

Après l’insistance de quelques patrons fervents soutiens d’Abdelaziz Bouteflika, dont Ali Haddad Laid Mohamed Benamor, ou encore Mohamed Bairi pour que les membres du FCE financent la campagne de Bouteflika, les patrons algériens se sentent piégés. Ce nouvel épisode fragilise clairement le FCE, et l’élection nous dira si les patrons algériens ont atteint un point de non-retour.

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