Amara Benyounès continue de susciter des réactions négatives de la société algérienne. Une phrase prononcée récemment lors d’un meeting de soutien à Abdelaziz Bouteflika fait sortir des partis politiques et organisations de leur mutisme. Le ministre de l’Industrie est accusé d’avoir insulté « les Algériens ».

Le ministre de l’Industrie Amara Benyounès a lancé samedi une phrase synonyme d’insulte, selon ses contradicteurs. « Inaâelbou lli my hebenache », a déclaré le ministre samedi. Si l’intéressé dit vouloir parler des « Algériens », d’autres y ont vu au contraire une insulte à tous les Algériens. C’est le cas notamment du Front de la justice et du développement (FJD) de Abdellah Djaballah. Les parlementaires de cette formation politique sont allés jusqu’à déposer une motion du bureau de l’APN pour demander un débat sur « les membres du gouvernement qui insultent les Algériens ». Plus qu’une question, le député Lakhdar Benkhellaf explique qu’il s’agit d’une atteinte « à la dignité des Algériens ».

La fédération des conducteurs de train, rattachée à l’UGTA, a également envoyé un communiqué de protestation. En guise de réponse, ces syndicalistes indiquent à M. Benyounès qu’il ne les aime pas et en retour « nous n’allons pas vous aimer ». Pis, « si ce n’est l’ambiance générale dans le pays, nous allons organiser une grève jusqu’à la présentation d’excuses », menacent-ils.

Sur les plateaux des télévisions privées, c’est la même indignation. Des représentants des partis politiques s’indignent et exigent des excuses.

Des explications plutôt que des excuses

Poussé par la polémique, Amar Benyounès a donné une réponse ambiguë. « Je ne suis pas malade pour insulter le peuple algérien et l’Algérie à qui je dois tout », s’est-il défendu chez nos confrères de TSA. « Je termine souvent (mes meetings) en disant : Allah yarham echouhada et je dis Inaal boue li mayhabnach, nous les Algériens, en tant que peuple algérien et pas en tant que partisans de M. Bouteflika », a-t-il ajouté, selon la même source. Mais le mal est déjà fait.

 

Essaïd Wakli 

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