Lu sur L’Expression

Haut lieu du tourisme saharien, avec son marché historique et son architecture classée, Ghardaïa est paralysée depuis des mois par la peur née de heurts meurtriers.

Advertisement

Hier matin, la ville offrait un spectacle de désolation. Autour de la grande place du marché qui grouille habituellement de commerçants et de clients, de grandes traces noires s’étalaient sur les façades ocres: nombre de bâtiments ont brûlé.
La tension restait palpable et la ville était largement quadrillée par des forces de l’ordre arrivées en renfort. Le Rahala, le magasin le plus célèbre du marché, n’est plus qu’un tas de débris, alors qu’il ouvrait contre vents et marées depuis plus de 60 ans. Dans l’artère principale de Ghardaïa, la rue du 1er Novembre majoritairement arabe, les commerces sont fermés en raison des tensions. «Les Mozabites n’habitent pas au centre-ville mais ils ont des commerces ici», explique Moussa, un postier d’une trentaine d’années.
La dernière vague d’affrontements a fait trois morts samedi soir, et quelque 200 blessés.
Trois jeunes Chaâmbis), Ibrahim Metahri, Azzedine Ben Taleb et Mohamed Bekai, ont été tués mercredi soir dans des circonstances non élucidées.
L’autopsie effectuée par les services de la médecine légale de l’hôpital de Ghardaïa sur les corps des trois victimes, a révélé qu’il s’agit de décès consécutifs à des «lésions causées par la pénétration d’agents ferreux (fer rond) projetés à haute vitesse», a affirmé hier, le procureur de la République près le tribunal de Ghardaïa. «Cette autopsie ordonnée par le parquet de la République, en vue de déterminer les causes exactes du décès des trois victimes, a permis l’extraction des projectiles (morceaux de fer rond contondants) qui seront soumis à une expertise technique du corps de la police scientifique», a indiqué M.Boudjemaâ Boutalbi. «La police judiciaire poursuit ses investigations, en vue d’identifier les auteurs du lancement de ces projectiles et de les déférer devant la justice», a assuré le procureur de la République près le tribunal de Ghardaïa.
Le ministre d’Etat, ministre de l’Intérieur et des Collectivités locales, Tayeb Belaïz, avait annoncé, dimanche à Ghardaïa, qu’une «enquête est ouverte pour déterminer les responsabilités de chacun dans les évènements de Ghardaïa» et a promis que des investigations «très poussées» seront menées pour déterminer les personnes à l’origine de ces évènements.

Lire la suite sur L’Expression