Lu sur El Watan

Les gardes communaux ont radicalisé leur mouvement. De plus en plus déterminés à poursuivre leur lutte, hier les gardes communaux sont passés à un autre stade de la protestation, à savoir le rejet de l’élection du 17 avril prochain et dire non au 4e mandat de Bouteflika. En effet, des sit-in ont été organisés dans plusieurs wilayas du pays, à l’instar de Tizi Ouzou, Bouira, Béjaïa, Jijel et Biskra.

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Hier, plus de 500 éléments, venus de tous les détachements de la garde communale en activité et autres retraités, ont observé un rassemblement suivi d’une marche dans la wilaya de Bouira. Habitués à revendiquer la reconnaissance de leur lutte contre le terrorisme, ainsi que le réexamen du dossier de la garde communale, les manifestants sont passés, cette fois-ci, à une action plus radicale : le rejet de tout le système, des élections et surtout dire non au 4e mandat de Bouteflika.

Cette manifestation se veut, selon les organisateurs, une préparation de la grande marche qui aura lieu probablement le 19 mars à partir de Bouira vers Alger. En effet, les gardes communaux ont crié haut et fort leur rejet des élections et s’opposent solennellement au 4e mandat de Bouteflika. Des organisations et des militants de la démocratie, à l’image de l’Organisation des enfants de chouhada, le Mouvement citoyen des archs ainsi que des militants du MDS, dont le coordinateur national Hamid Ferhi et Kader Farès Affak, ont pris part à cette action initiée sous le mot d’ordre de dénonciation du régime qui, selon les intervenants, est le seul responsable de la crise que vit le pays.

Tout en appelant les présents au «rejet des pratiques du régime en place et au départ du système», les différents intervenants ont tiré à boulets rouges sur la politique de réconciliation nationale personnifiée par Bouteflika durant ses trois mandats. Ils ont observé un sit-in devant le siège de la wilaya de Bouira. Le coordinateur des gardes communaux, Aliouat Lahlou, a dénoncé ce qu’il qualifie de dialogue préfabriqué par le gouvernement, auquel ont pris part hier des gardes communaux avec le Premier ministre Sellal. Une marche a été improvisée à partir du siège de la wilaya vers la sortie de la gare routière de Bouira, à proximité de l’autoroute Est-Ouest.

«Nous sommes contre la «charte» de Bouteflika qui a lavé les terroristes de leurs crimes et nous a plongés dans une situation terrible, nous les gardes communaux», a dénoncé Aliouat Lahlou. Et de lancer en colère à la foule : «Le pouvoir a de tout temps tenté de nous diviser, c’est le moment de nous unir autour d’un même objectif.» Des slogans hostiles au pouvoir ont été scandés durant la marche : «Pouvoir assassin, 1, 2, 3 où va l’Algérie.» «Ramenez-nous Chakib Khelil». «Non au 4e mandat.» «Y’en marre, barakat, ulac smah ulac et ulac l’vot ulac» (pas de vote).

UNE PARTIE DES GARDES COMMUNAUX SOUTIENT LE CANDIDAT BENFLIS

Telle était l’ambiance. Les manifestants ont dit non à l’enterrement de la démocratie et non au chaos de l’Algérie. Emus par cette mobilisation des gardes communaux qui, hier, ont lutté contre l’intégrisme islamiste, des passants, des automobilistes ont affiché, chacun à sa manière, leur solidarité envers ces hommes. «Nous sommes avec vous, nous sommes aussi concernés et conscients du danger», lance un automobiliste. Pour le porte-parole des gardes communaux de la wilaya de Béjaïa, Tahanouti Djamel, qui était présent, «Abdelaziz Bouteflika est le seul responsable de la crise actuelle du pays. A chaque fois, on nous parle de la réconciliation nationale.

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