L’écrivain et Moudjahid, Mustapha Bougueba, réputé pour être un fervent dénonciateur des «faux Moudjahidine», déclare que les célèbres généraux algériens Mohamed Touati et Mohamed Lamari ont été écartés par le Chef de l’Etat Abdelaziz Bouteflika à cause de leur «accointance» avec la France.

Mustepha Bougueba indique, dans un entretien paru ce mercredi sur les colonnes du quotidien arabophone «Echourouk» que c’est lui-même qui avait dénoncé Mohamed Touati et Mohamed Lamari dans les médias. Il parle de ce qu’on appelle communément les DAF (les déserteurs de l’armée française). Bougueba cite encore d’autres personnalités, à l’image de Larbi Belkheir, les chefs des services de renseignements, Abdeslam Chabou ou même Ferhat Abbas. A propos de ce dernier, Bougueba dit que s’il n’est pas devenu président c’est en raison de ses rapports avec Abderahmane Fares, un notaire, «colon et anti-national», affirme-t-il. Bougueba indique que «De Gaulle a voulu proposer à Fares de prendre en charge une période de transition en 1962». C’est donc, selon cette logique, à cause des liens qu’il avait avec Abderahmane Fares, que le défunt Ferhat Abbas n’a jamais pu devenir président.

En ce qui concerne Chabou, Bougueba s’est dit outré lorsqu’il a constaté, dans les médias, la présence de Abdeslam Chabou, le frère de Abdelkader Chabou – le nom de ce dernier a été attribué au stade de Annaba –, aux funérailles de Nelson Mandela et que celui-ci se vantait d’être un moudjahid. Pour Bougueba, «Abdeslam Chabou n’a rejoint la guerre de libération qu’en février 1962». En somme, les dessous de l’histoire algérienne continuent de provoquer des polémiques. Et le rôle des DAF dans la guerre de libération et après l’indépendance déchaîne toujours les passions.

Elyas Nour