La candidature de Bouteflika est une mascarade. L’homme est gravement malade et ne peut mener à terme dans de bonnes conditions son quatrième mandat. M. Mourad Medelci, ancien ministre des Affaires étrangères de l’ère Bouteflika, aujourd’hui président du Conseil constitutionnel sera le premier responsable de l’attribution des agréments du dossier de candidature du président sortant. Institutionnellement parlant, M. Medelci reste le dernier rempart contre le lancement de ce cirque présidentiel.

Le 23 février 2011, lorsqu’il était ministre des Affaires étrangères, M. Medelci a été l’invité du journaliste français Jean-Pierre Elkabbach dans l’émission « Bibliothèque Médicis », sur la chaîne Public Sénat. Interrogé sur l’éventualité d’une présidence à vie pour Abdelaziz Bouteflika, Mourad Medelci répond : « Ça, c’est plutôt une blague. » ; « Quelle que soit la date à laquelle son mandat sera terminé le Président aura fait son parcours.  Il nous appartient maintenant d’aller vers la relève. »

Une belle réponse !

Le mardi 4 mars 2014, jour de la clôture officielle des candidatures à la présidentielle, le candidat Ali Benflis,en présence de Medelci et devant des journalistes, mettait en garde ceux qui veulent voler et détourner la volonté populaire. M. Medelci paraissait gêné du discours probant et certain du candidat Benflis. M. Medelci voulait rebondir pour rassurer ce candidat et s’est engagé à veiller sur l’application stricte de la loià l’encontre de tous les candidats.

Sa déclaration nous a paru sincère.

Le peuple algérien est conscient, dans le contexte actuel qui anime ces présidentielles, de la difficulté de la tâche du président du Conseil constitutionnel.

Le peuple algérien sait, et M. Medelci aussi, que le dossier de candidature de M. Bouteflika est entaché d’irrégularités et n’est nullement conforme aux dispositions de l’article 136-7 du Code électoral qui prévoit la production d’un certificat médical délivré à l’intéressé par des médecins assermentés. Ce document doit attester la bonne santé mentale et physique du candidat.

 Par le passé, le Conseil constitutionnel a déjà rejeté l’agrément à des candidats glorieux.

Le peuple algérien, qui d’ailleurs du mal à comprendre, intellectuellement, ce qui amène Bouteflika à se représenter. Il serait rentré dans l’Histoire et dans la mémoire du pays avec une image globalement positive, s’il avait su s’arrêter à temps.

 Par respect du peuple et des lois de la République algérienne, M. Medelci ne cautionnez pas ce carnaval ! L’avenir de l’Algérie mérite mieux que cette moqueried’un groupe de personnes qui méprise les revendications du peuple.

Par Fayçal Megherbi, avocat à Paris et Malik Boumediene, Maître de conférences Droit public à l’université de Toulouse

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