Des militants du mouvement "Barakat !", fichés par les services de renseignement, n'ont pas même eu le temps de protester, ils se sont fait embarquer dès leur arrivée sur le lieu de manifestation, place Audin, par les services d'ordre, présents en masse ce jeudi 6 mars à Alger-centre. L'un d'entre eux, Aziz Hamdi, témoigne.
Il avait suivi les consignes du mouvement à la lettre. Venir incognito sur la rue Didouche Morad, à Alger-centre, ce jeudi 6 mars, aux alentours de 11 H. Une consigne décidée la veille par les membres du mouvement Barakat !, réunis pour décider de l'organisation de leur quatrième rassemblement en deux semaines.
"Reconnaissance faciale"
Mais cela n'a pas empêché Aziz Hamdi, militant contre l'exploitation de gaz de schiste, sympathisant du mouvement Barakat ! et anti-4ème mandat convaincu, de se faire arrêter par les policiers, déployés en masse ce jeudi matin à Alger centre. Il a à peine eu le temps de voir ses "amis, Mustapha Benfodil, Amira Bouraoui, Mehdi Biskri ...", montés de force dans un fourgon de police. "Je me suis fait arrêter alors que j'étais seul sur la rue Didouche. Je n'ai même pas eu le temps de manifester, de scander des slogans que des fonctionnaires des Renseignements généraux et des policiers habillés en civil m'ont interpellé", raconte à Algérie-Focus Aziz Hamdi. Selon ce militant anti-4è mandat, il s'est fait embarquer par les services des RG car, fiché, il a été facilement reconnu les agents des RG. "Les policiers  arrêtent les manifestants en fonction d'un système de reconnaissance faciale. Tous les militants actifs connus par leurs services se font illico embarquer", estime-t-il. Aziz, lui, n'a pas été contraint de monter dans un fourgon : "J'ai été embarqué seul dans une voiture et pas un fourgon".
Déterminé
Direction le commissariat de Hussein Dey. Dans la salle d'attente du commissariat, Aziz s'est retrouvé isolé, seul membre du mouvement Barakat ! "On m'a été interrogé pendant 10 minutes dans la salle d'attente du commissariat de Hussein Dey", raconte, "On m'a demandé si je connaissais le mouvement Barakat !,  ce que je faisais sur Didouche... J'ai tout nié en bloc et j'ai refusé de signer un pv. Je pense que c'est pour ça qu'ils m'ont relâché assez vite".
Habitué des rassemblements de l'opposition, Aziz n'en est pas à sa première arrestation. La dernière en date, avant celle d'aujourd'hui : Samedi 1er mars alors qu'il assistait au premier grand sit-in du mouvement Barakat ! aux côtés des figures de proue de ce mouvement. Malgré la répression des manifestations anti-4è mandat, Aziz promet de redescendre bientôt dans la rue pour crier son opposition : "Avec les membres de Barakat ! on va se réunir demain pour décider des suites du mouvement", confie-t-il encore à Algérie-Focus.
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