Abdelaziz Bouteflika doit prêter serment devant les Algériens cette semaine, mais comment ?

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Abdelaziz Bouteflika a été élu avec 81,53 % des voix mais il ne sera président qu’après avoir prêté serment devant la Nation ainsi que les hautes instances de la Nation comme le stipule l’article 75 de la Constitution. Le Président réélu y parviendra-t-il ? 

L’élection présidentielle passée sans grands remous, Abdelaziz Bouteflika doit désormais entamer son nouveau mandat présidentiel. Avant de reprendre ses fonctions de chef de l’Etat, qu’il n’a jamais réellement abandonné, il devra prêter serment pour être réellement Président. Certes il n’a pas eu besoin d’annoncer de vive voix sa candidature, ou d’assister à sa campagne électorale, toutefois il ne pourra pas échapper à cette étape et encore se faire représenter par Abdelmalek SellalL’ article 75 de la Constitution est clair : « Le Président de la République prête serment devant le peuple et en présence de toutes les hautes instances de la Nation, dans la semaine qui suit son élection ».  L’ article 76 vient préciser que « Le Président de la République prête serment dans les termes ci-après:

Serment

 

Un texte qu’il devra prononcer devant les représentants des toutes institutions de l’Etat algérien et devant les caméras qui retransmettront le message aux Algériens. Or le Président qui a, certes, parlé mais jamais en direct et durant un laps de temps très réduit pourra-t-il déclamer un texte qui lui demandera de parler en continu durant au moins trois minutes ?

Contacté par la rédaction, Me Nacer-Eddine Lezzar, avocat estime que d’après le texte de la Constitution il peut y a voir deux situations. « Ce que je présume c’est qu’il y a une première situation dans laquelle le Président lit lui-même le serment défini par la Constitution », explique-t-il. « Ce qui peut en revanche arriver c’est que le représentant d’une haute instance déclame le serment et qu’Abdelaziz Bouteflika se contente de dire :  أقسم بالله (je jure devant Dieu). Dans certains pays, comme aux Etats-Unis on a déjà pu observer cette méthode », explique encore Me Nacer-Eddine Lezzar, qui estime que la Constitution ne précise rien sur cette condition. Ce choix serait une première dans l’histoire algérienne car « tous les présidents ont prononcé le serment y compris Abdelaziz Bouteflika », précise notre avocat. En effet, lors de ses précédents mandats Abdelaziz Bouteflika s’est toujours appliqué à suivre à la lettre les dispositions de la Constitution comme on peut le voir ci-dessous lors de sa première élection en 1999 :

Autre vide juridique : la Constitution ne précise pas si le Président devra prononcer ces mots en direct à la télévision ou en différé. Il pourrait donc prendre le temps d’enregistrer cette déclaration afin d’offrir la meilleure version que possible. Réponse dans la semaine.