Abdelghani Aloui, surnommé par la presse algérienne « le blogueur de Tlemcen », a été placé en liberté provisoire mercredi. Il attend son procès avec « sérénité ». 

Après sept mois passés derrière les barreaux de la prison Serkadji, à Alger, Abdelghani Aloui, 24 ans, goûte enfin à la liberté, depuis 24 H. Une liberté seulement provisoire. « La mise en liberté provisoire a été émise par la chambre d’accusation du tribunal Sidi M’hamed d’Alger mercredi matin. Il a été relâché dans la foulée », raconte son avocat Me Amine Sidhoum, joint par téléphone ce jeudi.

C’est donc au bout de la deuxième tentative que le cyber-activiste, arrêté chez lui le 25 septembre dernier et placé depuis en détention préventive à la prison Serkadji, est parvenu à sortir de prison. Une première demande de mise en liberté provisoire, déposée auprès du juge d’instruction de ce même tribunal, chargé de l’affaire, avait effectivement été rejetée le 20 octobre dernier.

Un procès dans deux mois

Mais le « blogueur de Tlemcen », comme la presse nationale le surnomme depuis son arrestation, n’est pas tiré d’affaire pour autant. Il doit encore passé devant le juge du Tribunal d’Alger. « Il attend son procès avec sérénité. Celui-ci devrait avoir lieu durant la prochaine session, soit dans deux mois », explique Me Amine Sidhoum, qui recevait justement son client au moment de notre appel. « Je suis heureux et tranquille », se contente de nous répondre le jeune inculpé, visiblement intimidé.

Pour rappel, Abdelghani Aloui est poursuivi pour « atteinte à des institutions ». Pourquoi ? Le jeune homme a publié sur son compte Facebook des photos-montages du Président Abdelaziz Bouteflika et d’Abdelmalek Sellal, Premier ministre au moment des faits.

Cyber-activiste ou djihadiste ?

Mais ce n’est pas tout. Abdelghani Aloui sera également jugé pour « apologie du terrorisme ». Un mois après son arrestation, les gendarmes ont découvert chez le blogueur, qui vit dans la la banlieue de Tlemcen, deux écharpes sur lesquelles est annotée la formule « la Ilaha illa Llah ». A cela s’ajoute une vidéo sur Youtube, publiée en juillet, qui montre un jeune homme, ressemblant fortement à Abdelghani, tenant des propos djihadistes et un discours religieux, qui frôle le fanatisme. Son avocat avait dénoncé une « manipulation à 120% ». « La vidéo est sortie juste après le refus d’instruction de remettre Abdeghani en liberté (le 20 octobre dernier). Pourquoi à ce moment là ? La brigade de recherche a enquêté pendant 2 mois et n’a rien trouvé. Et cette vidéo surgit de nulle part », nous avait expliqué Me Amine Sidhoum. Abdelghani Aloui a également reçu le soutien de plusieurs ONG de défense des Droits de l’Homme, dont Amnesty Iinternational et Human Rights Watch.

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