Abdelaziz Bouteflika, qui n’est pas apparu en public depuis presque deux ans, participera à un meeting d’ici le 13 avril et ira lui-même voter le 17 avril, assure la direction de campagne du Président-candidat, joint ce lundi par téléphone. Un coup de bluff ?

Pas un meeting ni un discours en public en deux semaines de campagne. Pire Abdelaziz Bouteflika, qui brigue un quatrième mandat consécutif, ne s’est pas exprimé en public depuis mai 2012. Soit quasiment deux ans loin du peuple algérien. Deux ans de communication épistolaire et de brèves apparition télévisées.

Et pourtant ses lieutenants muliplient les sorties médiatiques pour rassurer les citoyens, depuis le début de la campagne électorale. Dernier en date, Amara Benyounès, porte-parole du candidat Bouteflika et ministre du Développement industriel, qui a déclaré sur la plateau d’une émission politique, diffusée dimanche sur TV5 Monde, que « le peuple algérien va le [ndlr Abdelaziz Bouteflika] voir et va l’entendre », s’empressant d’ajouter qu’il « va bien, sa santé s’améliore régulièrement« .

Un coup de bluff ? Une façon de gagner du temps à 5 jours de la fin officielle de la campagne présidentielle ? Et si le chef de l’Etat, candidat à sa propre réélection, « va s’exprimer », comme ses proches l’annoncent, alors quand le fera-t-il ? Contactée par nos soins ce lundi, la direction de campagne d’Abdelaziz Bouteflika assure que le Président-candidat « ira voter ». Oui on le verra glisser un bulletin dans l’urne le 17 avril prochain, affirme-t-elle.

Présent au meeting du 13 avril ?

Mais, sur la question d’une participation à un meeting d’Abdelaziz Bouteflika d’ici la fin de la campagne, l’équipe de campagne se montre beaucoup plus hésitante. « C’est probable qu’Abdelaziz Bouteflika participera à un meeting. Il vous réserve une surprise pour la fin de la campagne. Disons qu’il y a 75% de chance pour qu’il tienne un discours durant le meeting du 13 avril à Alger », confie le chargé de presse du staff de campagne, Madjid Bekkouche.

Abdelaziz Bouteflika, qui mène une campagne par procuration, de sa déclaration de candidature fin février, par la voix de son Premier ministre de l’époque, Abdelmalek Sellal, aujourd’hui directeur de campagne, jusqu’aux meetings en région, animés par ses ministres, est-il réellement sur le point d’apparaître en public ? La réponse hésitante de la direction de campagne ne convainc pas. Interrogé sur le flou et les incertitudes qui entourent l’agenda du Président-candidat, le staff de campagne se défend. « Ça dépend de lui s’il estime devoir participer ou pas à un meeting. Pourquoi devrait-il être présent à meeting alors qu’il a 7 représentants, qui mènent la campagne pour lui ? », expliquer Madjid Bekkouche.

Et si le peu de garantie, qu’offre l’équipe de campagne quant à une apparition en public du candidat avant le 17 avril, était lié à l’état de santé d’Abdelaziz Bouteflika, l’homme âgé de 77 ans et victime de deux AVC ? La direction de campagne tente de rassurer : « Il est en mesure d’être présent à meeting. Il en est capable », soutient Madjid Bekkouche.

Un meeting assis ?

Une réponse qui soulève une nouvelle question : si Abdelaziz Bouteflika est « capable » d’endurer physiquement une telle épreuve, alors pourquoi attendre avant de prendre la parole en public ? Pourquoi ne l’a-t-il pas fait plus tôt ? Mais surtout, dans quelles conditions le chef de l’Etat, qui brigue un 4è mandat consécutif, va-t-il s’adresser au peuple algérien ? De l’aveu de ses lieutenants, Abdelaziz Belkhadem et dernièrement Amara Benyounès, le Président-candidat est en convalescence et poursuit une « rééducation fonctionnelle des membres inférieurs », ce qui laisse entendre que l’homme peut difficilement tenir debout. On se souvient de la photographie du gouvernement publiée en octobre, quelques semaines après le remaniement ministériel de septembre, montant le chef de l’Etat assis aux côtés de ses ministres debout. Abdelaziz Bouteflika apparaîtra-t-il le 13 avril assis sur scène face à ses partisans ? Sur ce point, la direction de campagne du Président ne souhaite donner aucun détail. Une chose est sûre, la communication du clan présidentiel, à la veille du scrutin du 17 avril, reste énigmatique.

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