Ce gaz algérien qui achète le silence des pays étrangers

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Un rapport détaillé publié par Platform London une organisation activiste au Royaume-Uni accuse le gouvernement britannique de fermer les yeux sur les violations des droits de l’homme au profit du gaz en Algérie.

Platform London n’est pas tendre avec le Royaume-Uni dans son rapport intitulé « LE RENFORCEMENT DES DICTATURES – Accaparement du gaz par le Royaume-Uni et les violations des droits humains en Algérie ». Elle accuse le pays d’être conciliant avec l’Etat algérien malgré sa responsabilité dans la répression et la violation des droits de l’homme en Algérie.

« British Petroleum a signé sa première joint-venture en Algérie en 1995, trois ans seulement après le coup d’état militaire qui a annulé les premières élections législatives en Algérie », rappelle l’organisation qui estime que depuis les premiers contrats signés entre le Royaume-Uni et l’Algérie, ces rapports commerciaux favorisent les atteintes à la Démocratie. « Le Royaume-Uni a constamment privilégié  les intérêts des énergies fossiles sur les droits humains et des principes démocratiques en ce qui concerne l’Algérie. Dans sa démarche, la politique extérieure aide activement à consolider un régime extrêmement répressif et corrompu, en contribuant à sa longévité », juge de but en blanc Platfom London. Et d’arguer que « les revenus du pétrole et du gaz ont permis la lourde militarisation et les opérations de l’appareil répressif de la police et des services de renseignement ».

Du gaz contre la paix

Platform London va même plus loin en expliquant dans son rapport que « le gouvernement conservateur a courtisé le régime algérien et a soutenu les ventes d’armement entre les entreprises britanniques et l’Algérie, en plus d’encourager un plus grand rôle pour BP. Tout cela a eu lieu malgré le dossier lamentable des droits humains du régime et l’intense répression des mouvements démocratiques ces dernières années ». La dépendance du Royaume-Uni au gaz algérien, qui lui permet de produire une grande partie de son électricité fausserait sa position diplomatique par rapport à « l’Algérie est l’un des pays fournisseurs de Gaz Naturel Liquéfié (GNL) les plus proches du Royaume-Uni ».

L’Algérie récemment félicitée par David Cameron, le Premier Ministre britannique pour l’élection présidentielle qui a donné vainqueur Abdelaziz Bouteflika est également épinglée. Pour l’organisation, le pays « est gouverné par un régime vieillissant et un président malade, s’accrochant au pouvoir et s’en prenant à ceux qui réclament la démocratie et contestent la corruption. Pourtant, BP et le gouvernement britannique continuent toujours d’ignorer les mouvements sociaux et la société civile », s’inquiète l’organisation.

Et pour cause le gouvernement britannique a rappelé récemment son intention d’investir toujours dans le marché algérien, notamment dans le secteur des hydrocarbures. Assurant notamment que BP était bien installé et n’envisageait aucunement de quitte le territoire algérien.

Lire l’intégralité du rapport ici