Deux Algériens, soupçonnés d’avoir commis des exactions alors qu’ils servaient dans un Groupe de légitime défense (GLD) durant la décennie noire, sont poursuivis en justice en France. Une première.

Si en Algérie la Charte sur la réconciliation nationale interdit toutes poursuites judiciaires à l’encontre de personnes impliquées dans les événements, ayant secoué le pays durant les années 1990, ce n’est pas le cas ailleurs. Les affaires liées à cette sombre période de l’histoire de l’Algérie refont ainsi parfois surface à l’étranger. Ceci sans parler des familles de disparus, qui continuent à lutter.

Selon le quotidien français Le Parisien, le parquet de Nîmes a ainsi décidé mardi d’ouvrir un procès à l’encontre de deux ressortissants algériens. Il s’agit des deux frères, Abdelkader et Hocine M., soupçonnés d’avoir appartenu aux « escadrons de la mort », comme les appelle l’armée nationale. Ces « escadrons » sont en réalité des Groupes de légitime défense (GLD), mis sur pieds durant cette période pour lutter contre le terrorisme. Devant l’incapacité, à l’époque, des services de sécurité de venir à bout des groupes terroristes, les autorités algériennes avaient fait appel à des citoyens pour éradiquer les membres affiliés au Groupe islamique armée (GIA). Ces locaux, qui connaissaient parfaitement le terrain, ont donc prêté main forte aux militaires durant les années 1990.

En 2014, presque 10 ans après les faits, Abdelkader et Hocine M. sont donc accusés d’avoir pris part à des exactions commis par les GLD, dans la région de Relizane. Ces deux hommes, réfugiés depuis à Nîmes, dans le sud de la France, sont des proches du maire de Relizane à l’époque des faits, un certain Mohamed Ferguène, qui avait mis sur pied ce GLD, précise le quotidien français. La plainte a été déposée par Mohamed Smaïn, dit Hadj Smaïn, militant des droits de l’homme et condamné en Algérie en 2012 pour avoir « diffamé » Ferguène.

C’est la deuxième fois que Hadj Smaïn attente un procès contre Abdelkader et Hocine M. En 2004, il avait déjà poursuivi les deux frères, qui avaient nié les accusations portées contre eux. Après plusieurs années, le parquet de Nîmes a finalement jugé que cette affaire mérite un procès. « L’affaire est d’autant plus embarrassante qu’elle refait surface en pleine période de réchauffement diplomatique » entre l’Algérie et la France, a fait noté une source au journal Le Parisien.

Elyas Nour   

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