Une lecture rapide des résultats annoncés par le ministère de l’Intérieur montre que le plus grand perdant de ce scrutin n’est pas Ali Benflis, mais plutôt Louisa Hanoune et à un degré moindre Moussa Touati.

Voilà des mois que la présidente du Parti des Travailleurs fait campagne contre Ali Benflis espérant qu’elle allait être classée en deuxième position derrière Abdelaziz Bouteflika. Pis, le soir même de l’élection, la dame, qui se voit comme la « Chavez » algérienne, estimait qu’elle est arrivée en deuxième position. Puis, à l’annonce des résultats : douche froide. Hanoune n’a non seulement perdu la deuxième place, mais elle est classée en quatrième position avec l’humiliant score de 1,37% des suffrages annoncés.

Pis, la dame n’a obtenu qu’un peu plus de 130 000 voix, tandis que lors des présidentielle de 2009, le ministère de l’Intérieur avait annoncé que la secrétaire générale du Parti des Travailleurs avait « récolté » plus de 600 000 voix, se classant ainsi en seconde position derrière le président sortant, Abdelaziz Bouteflika. Ces résultats démontrent à bien des égards les limites de soutien « tactique » qu’utilise Louisa Hanoune vis-à-vis du pouvoir. La trotskyste s’est employée, tout au long de la campagne électorale, à épargner étrangement Abdelaziz Bouteflika et à ne s’attaquer qu’à Ali Benflis.

L’autre grand perdant de l’élection est Moussa Touati. Le président du FNA, qui avait « récolté » 2,3 % des suffrages en 2009 n’a recueilli que 0,56 % cette fois-ci. Autrement dit, l’homme a un nombre de voix inférieur aux 60 000 signatures exigées pour être accepté comme candidat à la présidentielle.

Essaïd Wakli