A quelques jours de l’élection présidentielle,  le mouvement de protestation contre le 4ème mandat « Barakat », veut faire un coup de force en organisant 5 manifestations ce samedi 12 avril à Batna, Constantine, Tebessa, Tizi-Ouzou et Bouira.

Au fur et à mesure que la campagne électorale approche de sa fin, la tension monte d’un cran au sein de la société civile. Plusieurs représentants du candidat Abdelaziz Bouteflika ont trouvé des difficultés à animer leurs meetings notamment en faisant face à la furie des citoyens dans différentes villes du pays. Le dernier incident en date est celui qui a eu lieu aujourd’hui à Ghardaïa lorsque des habitants d’un quartier ont pris à partie Abdelmalek Sellal, l’ancien premier ministre et le directeur de campagne du président candidat.

 Le mouvement Barakat, né récemment juste avant le début de la campagne, a déjà organisé quelques meetings dans la capitale, que ce soit pour dénoncer le processus en cours (4ème mandat) ou bien l’engagement de l’ENTV qui en faveur de Bouteflika, alors que la neutralité est exigée, s’apprête à organiser de nombreuses autres actions. Ainsi, le mouvement compte organiser, samedi 12 avril prochain, à 11 h, des rassemblements dans plusieurs villes du pays. Le choix de Barakat s’est porté sur Batna (la place de la Liberté, ex SNTV), Constantine (Jardin Ben Nacer, Place de la Brèche), Tebessa (devant le cinéma Maghreb), Tizi-Ouzou (Place Matoub Lounes) et Bouira (place de l’ancienne ville). «Le mouvement Barakat continue à mobiliser à travers tout le territoire national, pour le changement du système en place, lequel cherche à se pérenniser à travers une énième mascarade électorale, une pratique qui ne cesse de confisquer la volonté populaire. Ce simulacre mènera une nouvelle fois notre patrie à l’impasse. Ainsi le mouvement Barakat appelle les citoyens à se joindre à ses rassemblements pacifiques organisés le samedi 12 avril 2014, a partir de 11h, pour exiger le changement pacifique du système, pour laisser place à une période de transition, pour instaurer un état de droit et une démocratie réelle», indique le mouvement dans un communiqué.

Celui-ci veut également réagir aux accusations portées à son encontre après l’incident qui a eu lieu, en début de semaine, à Béjaia, lorsque des citoyens ont empêché la tenue du meeting de Sellal. Des incidents qui ont provoqué l’incendie de la maison de la culture où devait se tenir l’activité politique. A ce titre, Barakat signale que «le pouvoir continue de recourir à des tentatives brutales pour réprimer toutes les voix de contestation, c’est ainsi que le mouvement citoyen pacifique BARAKAT s’est vu attaqué par le régime et ses relais qui usent de viles manœuvres afin de tenter de décrédibiliser l’élan populaire que le cri de BARAKAT suscite, lui imputant des actes de violence qui sont en contradiction totale avec la ligne du mouvement qui est pacifique, alors qu’il est certain que la violence est de la seule responsabilité de ce régime totalitaire qui l’a toujours utilisé comme moyen pour discréditer toutes les luttes et les forces d’opposition».

Elyas Nour