petrole algerie

NABNI, « Notre Algérie Bâtie sur de Nouvelles Idées », a renouvelé son message à la veille des présidentielles lors d’une conférence de presse organisée le 7 avril au siège du journal électronique Maghreb Emergent à Alger. Abdelkrim Boudra, porte-parole du collectif Nabni, a rappelé l’ambition du collectif citoyen NABNI.

“L’Algérie se rapproche dangereusement de l’iceberg”

C’est en tout cas ce qu’a averti Abdelkrim Boudra, porte-parole du collectif Nabni. À l’occasion de cette conférence de presse organisé dans les locaux de Maghreb Emergent,  Abdelkrim Boudra  a rappelé la nécessité d’ « un changement profond et urgent » et met en garde contre le risque que représente l’immobilisme. L’immobilisme, a terme, selon NABNI, conduira inéluctablement à une crise politique, économique et sociale. Cependant il existe une réelle opportunité pour le collectif, en effet «le contexte actuel peut offrir une opportunité historique d’impulser l’émergence d’une nouvelle ère ».

Face à une situation qui se dégrade, une nécéssaire « désintoxication » de la rente

Le  » tarrissement des fond publics » et les fluctuations des recettes du pétrole sont des sources d’inquiétudes pour NABNI. En effet, selon eux, « les moyens financiers dont dispose l’État ces dernière années risquent de se diminuer de manière drastique », et, dépendre uniquement de la rente pétrolière est un très mauvais choix stratégique à long terme. Pour le collectif, il est temps de « réduire notre dépendance à la rente », à l’origine d’une grande partie des maux de l’Algérie selon leur analyse. C’est en effet la rente qui « mine nos institutions et entretient des politiques inefficaces » pour NABNI.

Le paradoxe de la rente

C’est par exemple la rente qui permet aux autorités algériennes d’acheter la paix sociale, empêchant donc un quelconque réel changement. Le collectif NABNI dénonce en effet la « politique de subvention pour garder le calme social ». Du moment que l’Etat sera riche et bénéficiera de la rente pétrolière, la société civile en colère serait apaisé à coût de chèques ou de subvention et rien ne changera. C’est pour cela que « la société algérienne a besoin de se désintoxiquer de la rente pour engager la rupture », affirme Abdelkrim Boudra. De plus, les ressources de l’Algérie, utilisées pour acheter la paix sociale, ne sont pas illimitées.

Un collectif algérien indépendant

Le Collectif Nabni a été créé en 2012. Il regroupe des citoyens algériens qui militent pour « un État de droit » en Algérie tout en considérant qu’il est « impossible de rester dans une politique rentière” et milite au contraire pour la « transparence ». En effet, NABNI affirme que c’est l’absence de transparence de l’Etat qui « mine la confiance des citoyens à l’égard des institutions”. Ce mouvement algérien accorde une importance toute particulière à la société civile, comme moteur du changement en Algérie. Le collectif Nabni tient particulièrement à n’être rattaché à aucun mouvement politique. Son devoir est simplement d' »alerter l’opinion publique » et de « contribuer au débat public ».