Le Président de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, a indiqué ce samedi 26 avril que les parties prenantes de l’unité gouvernementale vont reconnaître l’existence d’Israël et des accords de paix conclus avec l’Etat juif. De son côté, le Hamas campe sur ses positions.

Le mouvement politique Hamas, catalogué par Washington et l’Union européenne comme « groupe terroriste », qui a longtemps prôné la résistance armée contre l’ennemi juif n’est pas prêt à ranger les armes. C’est du moins ce que laisse entendre Sami Abu Zuhri, porte-parole du Hamas, qui a déclaré ce samedi à Reuters : « La reconnaissance d’Israël par le président de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, n’est pas nouvelle. Ce qui est important c’est que le Hamas n’a jamais reconnu et ne reconnaîtra jamais Israël ».

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Plutôt ce samedi, le Président de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, a expliqué que l’accord d’unité nationale et gouvernementale conclu entre les frères ennemis, Hamas et Fatah, prévoit que le gouvernement, qui sera formé à la suite d’élections législatives, reconnaîtra l’existence de l’Etat d’Israël et les accords de paix signés entre les Territoires palestiniens et l’Etat juif jusqu’à présent. « Le gouvernement sera sous mon commandement et ma politique », a assuré Mahmoud Abbas, leader de l’Organisation de Libération de la Palestine (OLP) et du Fatah, le mouvement fondé par Yasser Arafat. Il a ajouté : « Je reconnais Israël et le gouvernement reconnaîtra Israël. Je rejette la violence et le terrorisme ».

Une façon de rassurer les Américains, qui n’ont pas vu d’un bon oeil le rapprochement entre les deux plus gros partis politiques palestiniens. Les Etats-Unis ont même menacé de supprimer l’aide financière qu’elle attribue annuellement aux Territoires palestiniens, qui vivent sous la perfusion de la solidarité internationale. L’aide américaine se chiffre à plusieurs centaines de millions de dollars et est cruciale pour le fonctionnement de l’Autorité palestinienne et la survie des Territoires occupés.

Or, l’accord d’unité gouvernementale passée entre le Hamas et le Fatah ne prévoit pas que ce premier siège dans le gouvernement. Au contraire, le nouvel appareil gouvernemental, qui sera formé d’ici 5 semaines, sera composé de technocrates indépendants. Autrement, le Hamas n’est pas contraint de reconnaître l’Etat juif et de se plier à la politique du Président de l’Autorité palestinienne, qui prône depuis son accès au pouvoir en 2005 le dialogue avec la puissance coloniale. D’ailleurs, ce samedi, Mahmoud Abbas s’est dit « prêt à étendre les pourparlers de paix », gelés par Israël suite à l’accord gouvernemental passé entre le Fatah et le Hamas, tant qu’Israël accepte de libérer les prisonniers palestiniens et d’arrêter de construire des colonies sur les Territoires occupés. « Comment pouvons-nous relancer les pourparlers ? Il n’y a aucun obstacle devant nous pour reprendre les négociations mis à part la libération des 30 prisonniers », a ainsi affirmé Mahmoud Abbas, avertissant : « Sur la table nous allons présenter notre plan. Durant les trois prochains mois, nous allons discuter de cette feuille de route. Au cours de cette période, jusqu’à ce que cette feuille de route aboutisse à un accord, toute entreprise coloniale doit être complètement interrompue ».

Rappelons que l’Autorité palestinienne et Israël se sont de nouveau assis à la table des négociations depuis juillet dernier, à l’initiative du Secrétaire d’Etat américain John Kerry, après l’avoir désertée pendant plus de trois ans.

Rappelons également que l’Autorité palestinienne de Mahmoud Abbas contrôle la Cisjordanie et Jérusalem-Est tandis que le Hamas gère la Bande de Gaza. Les deux frères ennemis étaient en rupture depuis 2007 et la victoire du Hamas aux élections législatives.

Avec agences