Le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC), prix Nobel en 2007, sonne une fois de plus l’alarme quant au risque environnemental. Dans ce « Résumé pour les décideurs », le rapport s’adresse explicitement aux « décideurs », afin que décision il y ait, et ce, dans les plus brefs délais.

Tout le monde en parle. Personne ne semble agir. Le réchauffement climatique est revenu à la Une des médias, suite aux conclusions d’un énième rapport alarmant du GIEC. Alarmant et urgent, pourtant les précieux conseils, de plus en plus mués en ultimatum, semblent largement ignorés par une importante partie de l’opinion publique, et plus grave, par la classe politique. En effet, les mesures nécessaires aujourd’hui ne montreront leur efficacité que dans plusieurs années, trop loin donc, pour des impératifs de campagnes électorales qui ne prennent en considération que le présent. Si les dirigeants politiques s’illustrent par un manque de courage politique, d’audace et de vision alors il faut que la société civile, les acteurs sociaux, tous ensemble nous prenions conscience de la gravité de la situation, pour enfin, prendre les mesures nécessaires au bon fonctionnement de la planète. Sinon, c’est le mur.

Le défi environnemental est un enjeu majeur. Le seul avenir politique et économique possible pour éviter notre auto-élimination. Malheureusement, trop peu de personnes veulent l’admettre et se faire acteur du changement.

Le « Résumé à l’intention des décideurs », synthèse de l’étude du groupe de travail I du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) vient donc de paraître. Dans ce « résumé », le GIEC dresse un bilan alarmant des politiques de lutte contre le dérèglement climatique en place, jugées inadéquates ou encore trop inefficaces. Ainsi, le GIEC clot le 3ème volet de son rapport, marquant la fin de ce 5ème chapitre du GIEC sur le changement climatique, 7 ans après le 4ème rapport paru en 2007. Dans ce rapport, un constat édifiant : l’échec des politiques publiques, mais aussi, des émissions mondiales de gaz à effet de serre records.

Le réchauffement climatique : un enjeux environnemental mais pas que…

Outre des événements météorologiques qui risquent de devenir de plus en plus violents et destructeurs, le réchauffement climatique aura des conséquences dans bien d’autres domaines.

Pourquoi le changement climatique ne concerne t-il pas seulement l’écologie ? Parce que notre environnement affecte tous les domaines d’activités. Le changement climatique, accentué par les gaz à effet de serre dû à une activité humaine trop intense, va causer des problèmes économiques, sociaux, démographiques, sanitaires, c’est à dire une hausse des problèmes de santé, ou encore alimentaires, car l’agriculture sera la première à palier des changements météorologiques. Les changements climatiques vont également accélérer l’extinction des espèces terrestres et marines, mais aussi des plantes. Et, conséquences indirectes, les dérèglements climatiques risquent très fortement d’engendrer davantage de conflits, notamment pour l’eau ou les ressources halieutiques. Une véritable catastrophe humaine, dont il est encore possible d’atténuer les dommages.

L’Algérie  vulnérable

Les risques dus au phénomène de réchauffement climatique sont nombreux. L’Algérie ne sera pas à l’abri de bouleversements météorologiques. Ainsi, l’Algérie du Nord est majoritairement une région à risque extrême (selon l’index « Climate Change Vulnerability »). Dû au changement climatique, l’Algérie connaîtra une baisse des précipitations, entraînant une désertification de la région Nord de l’Algérie et une dégradation des systèmes agricoles, selon les données fournies par le Programme des Nations Unies pour l’Environnement.

Les 3 leçons du rapport du GIEC 

 1)  Nous n’avons plus de temps. Les dirigeants de ce monde doivent agir maintenant ou jamais. En effet, si nous continuons à vivre selon le même mode de vie effréné, et la même croissance économique, les températures vont augmenter de 3,7% à 4,8% d’ici un siècle, avec toutes les conséquences dramatiques que cela entraine. Par exemple, la fonte des glaciers entraine la hausse du niveau de la mer, ce qui provoque le déplacement de populations, ces fameux « réfugiés climatiques »,  lesquelles se retrouvent dans la précarité la plus totale et dans un manque de sécurité alimentaire et sanitaire grave.

2)  Il faut revoir notre modèle économique en intégralité. Pour Ottmar Edenhorfer, un des vice-présidents du rapport, « le message de la science est clair », il préconise donc de « sortir de la routine habituelle » pour « se mettre à l’abri d’interférences dangereuses avec le système climatique ». Un changement radical est donc une nécessité. Et cela passera forcément par un changement profond de notre mode de vie.

3)  Les États, mais aussi, et probablement de plus en plus, les acteurs internationaux doivent coopérer. « La lutte contre le changement climatique réclame une coopération internationale sans précédent », affirme le président du GIEC, Rajendra Pachauri. Et, les mesures à prendre doivent être du fait de « toutes les sociétés ».

Le GIEC, une groupe d’experts pour sauver la planète

Créé en 1988, conjointement par l’Organisation météorologique mondiale (OMM) et le Programme des Nations Unis pour l’Environnement (PNUE), le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) est un organisme intergouvernemental ouvert à tous les pays membres de l’ONU et de l’OMM. Son rôle est d’analyser scientifiquement les risques liés au changement climatique d’origine humaine, d’évaluer les conséquences et de proposer des solutions.