Comme chaque rendez-vous électoral, la question de l’officialisation de tamazight, l’une des plus anciennes revendications linguistiques et identitaires du pays est revenue avec acuité, lors de la dernière campagne électorale.

Les six candidats  ont promis d’octroyer à cette langue la place qui lui échoit aux côtés de la langue arabe. S’agit-il d’une surenchère politicienne visant à inciter les électeurs pour aller voter ou l’émanation d’une volonté réelle de régler définitivement un point qui reste en suspens ? La question de tamazight revient souvent dans les discours des politiques, notamment  lors de la période électorale. Tous les candidats à l’élection du 17 avril n’ont pas seulement évoqué cette lancinante question, mais ont fait de la langue de Jugurtha, leur cheval de bataille.
Le candidat indépendant, Ali Benflis, a lancé pour la première fois, à Tizi Ouzou, des promesses portant sur la promotion de la langue amazighe, sans aller jusqu’à promettre l’officialisation de cette langue. « Je m’engage devant vous à régler définitivement la question de l’identité  amazighe et donner à la langue la place qui lui sied », a-t-il dit lors d’un meeting électoral à Tizi Ouzou. Lors de son discours, le public présent s’est quand même montré assez réceptif, notamment lorsqu’il a souligné que « l’Algérie doit se réconcilier avec elle-même, avec sa culture et son patrimoine ». Selon lui, cela se fera par la promotion de tout le patrimoine amazigh, l’introduction de l’enseignement de tamazight dans tous les cycles, ainsi que son inscription dans l’examen du baccalauréat et l’ouverture de centres de formation de formateurs de cette langue, afin de permettre l’épanouissement de toute une région. « Si je suis élu je permettrai aux Algériens de passer le baccalauréat dans la langue de leur choix », a-t-il indiqué. Contrairement à Tizi Ouzou, le candidat indépendant a frappé fort à Béjaïa, en promettant que s’il est élu à la magistrature suprême, il officialisera tamazight. De leur côté, les animateurs de la campagne électorale du président-candidat Abdelaziz Bouteflika, se présentent comme les défenseurs incontestables de cette langue.

Dans leurs discours, Sellal, Benyounès ou bien Ouayahia, entre autres, font de la nécessité de l’officialisation de tamazight l’un des axes principaux du programme de Bouteflika. Le directeur de campagne du président sortant, a consacré une grande partie de son discours du meeting qu’il a animé à Tizi Ouzou à ce thème. Selon lui, « Abdelaziz Bouteflika  a fait du tamazight une langue nationale et il est temps de passer à une étape suivante ».

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