Revue de presse. Economie: Ce qui attend le futur président

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Beaucoup d’analystes estiment que l’économie nationale, en dépit d’une marge non négligeable en termes de réserves de change, demeure très fragile. Dans notre supplément économique de la semaine dernière, il a été fait état, de quelques chiffres préoccupants. L’excédent de la balance des paiements a régressé entre 2011 et 2013, passant de 20,14 milliards de dollars à 130 millions de dollars.

Par ailleurs, durant la même année 2013, les exportations en hydrocarbures étaient de 63 milliards de dollars, alors que les importations durant la même période avaient dépassé les 60 milliards de dollars. Quant à la politique budgétaire, notamment, dans son volet relatif aux transferts sociaux, ceux-ci avoisinaient les 70 milliards de dollars. Ils révèlent des signes inquiétants de déséquilibres macroéconomiques qui tendent à devenir structurels. Le recours systématique au Fonds de régulation des recettes n’est en réalité qu’un palliatif.

Ces indicateurs économiques et financiers, couplés à une économie en berne — secteur industriel à 5% du PIB, dépréciation dangereuse du dinar, impactant à la hausse les prix des produits alimentaires de large consommation en quasi-totalité importés, taux de chômage selon des statistiques non officielles de plus de 17%, croissance économique molle de moins de 3%, climat des affaires en éternelle stagnation, corruption, appel irrationnel à la dépense publique, productivité du travail et compétitivité des entreprises publiques économiques quasi nulles, opacité dans la gestion des deniers publics, montée des besoins sociaux et leur corollaire de contestations, sachant que la population algérienne frise les 40 millions d’habitants — ; prouvent, si besoin en était, l’ampleur et la complexité des chantiers qui attendent le futur président.

Celui-ci devra impérativement répondre à deux impératifs pratiquement inconciliables sans heurts ni frictions sociales et politiques. Il s’agit en premier lieu, de réunir les conditions pour que la masse des Algériens, et particulièrement les catégories les plus vulnérables, acceptent une politique d’austérité incontournable, mais dans le même temps regagner leur confiance en les rassemblant autour d’un projet de société clair, tangible, porteur de valeurs d’équité et de justice, en donnant l’exemple probant de la lutte concrète contre la corruption ainsi que les forces prédatrices qui pillent l’économie nationale.

Aucun passe-droit ni erreur d’appréciation ne lui seront permis. Le deuxième impératif auquel il sera tenu de faire face, est de réussir le pari de la relance de la croissance dans une économie mondiale de plus en plus compétitive et concurrentielle. C’est-à-dire, de proposer à la nation une stratégie de relance de la croissance et de rupture définitive avec la rente pétrolière et les forces qui s’y abreuvent.

Aller vers un nouveau paradigme de croissance

Aller vers un nouveau paradigme économique, consensuel entre les différentes parties prenantes de la scène économique et sociale, qu’il s’agisse du patronat ou du monde du travail, en passant par la lutte contre l’informel, sera la plus complexe des équations, qu’il faudra absolument qu’il résolve. Ce challenge est réalisable. Notre pays en a les moyens ainsi que la volonté d’y parvenir. A charge pour le prochain locataire d’El- Mouradia de répondre aux attentes pressantes des citoyens.

Lu sur Liberté