Un opposant au 4è mandat derrière les barreaux sans passer par le juge d’instruction

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Arrêté il y a deux jours pour coups et blessures sur le maire de El Eulma , un opposant au 4è mandat et militant du parti boycotteur Jil Jadid se trouve actuellement en prison, sans avoir rencontré le juge d’instruction. La direction de Jil Jadid dénonce un « coup monté ».

Mohamed Saïdi vient de passer sa troisième nuit en prison. Le jeune militant du parti Jil Jadid, fermement opposé à la candidature d’Abdelaziz Bouteflika pour un 4è mandat consécutif, a été arrêté mardi. Il a été envoyé manu manturi en prison. Il se trouve actuellement en mandat de dépôt, sans être pourtant passé par le juge d’instruction. Motif de son arrestation : le maire de la ville où il réside, El Eulma, située dans la wilaya de Sétif, a porté plainte auprès de la gendarmerie pour coups et blessures. Le jeune homme se défend d’avoir eu recours aux mains. « C’était un échange de propos, une attaque civique », affirme le porte-parole de Jil Jadid, Dr Sofiane Sekhri, joint par la rédaction. Il accuse à son tour : « Les autorités ont essayé de faire passer Mohamed pour un sympathisant de Barakat, un fauteur de trouble ». D’après ce responsable de la formation politique dirigée par Sofiane Djilali, le maire de la ville est allé jusqu’à trafiquer un certificat médical pour rendre plus crédible sa version des faits et prouver que l’altercation physique entre les deux hommes a bien eu lieu. « Il a demandé à son médecin de lui rédiger un certificat médical pour qu’il reste 10 jours à la maison », raconte Dr Sofiane Sekhri.

Intimidation

A la direction nationale du parti, à Alger, on dénonce un « coup monté » de toute pièce pour museler un jeune homme « très actif contre le 4è mandat ». Mohamed aide beaucoup dans la mobilisation des partisans de Jil Jadid, du boycott et de façon générale à faire barrage à la réélection du Président-candidat Abdelaziz Bouteflika dans la wilaya de Sétif, raconte encore le porte-parole du parti, pour qui cette arrestation  » a une connotation politique ».

Au fond de sa cellule, Mohamed attend son procès. « Il n’y a rien à faire. On attend que le juge d’instruction le convoque », indique Sofiane Sekhri, qui dit ne pas abandonner le militant à son propre sort. « Nos avocats vont suivre la procédure judiciaire jusqu’au bout ».